Bruxelles, 17/03/2005 (Agence Europe) - Pour le Parlement européen, le souhait de la Commission que les fonds structurels et le Fonds de développement rural de l'UE contribuent à l'avenir de manière substantielle au cofinancement du réseau européen d'habitats naturels protégés Natura 2000 est une excellente chose. Encore faudrait-il que cette volonté se reflète dans les dotations de ces fonds pour la période 2007-2013. Or, selon les députés européens, cela n'en prend pas le chemin. Dans ces conditions, le Parlement invite-t-il la Commission à revoir à la hausse les dotations proposées pour ces fonds, et à créer, après 2006, un fonds spécifique de l'UE pour la biodiversité dans le cadre de « Life Plus » (proposition de nouvel instrument financier pour l'environnement couvrant la période 2007-2013). Ce fonds spécifique permettrait de financer les activités de gestion de Natura 2000 qui ne peuvent être financées ni par les Fonds structurels, ni par le Fonds de développement rural. Faute de quoi, l'UE mettra en péril l'objectif qu'elle s'est fixé de stopper le déclin de la biodiversité à l'horizon 2010. Ce message, le Parlement l'a exprimé le 10 mars à Strasbourg, en suivant son rapporteur, Margrete Auken (Verts/ALE, danoise). Le Parlement invite en outre la Commission à modifier sa proposition Life Plus pour y ajouter un objectif sur la diversité biologique. Les parlementaires soulignent que le coût prévu du réseau Natura 2000, chiffré par la Commission européenne à 6,1 milliard d'euros, sous-estime les coûts réels de gestion du réseau et devrait donc être considéré comme un strict minimum.
Mme Auken a salué le vote du Parlement comme une victoire pour la biodiversité de l'UE. Dans un communiqué, elle déclare: « le Parlement demande que l'allocation de fonds aux Etats membres soit conditionnée à leur capacité d'afficher un plan crédible de financement de Natura 2000. En lieu et place des vœux pieux vers lesquels s'oriente la Commission, les députés européens réclament l'intégration des considérations environnementales dans toutes les politiques sectorielles clés de l'UE, ainsi que la mise à disposition par l'UE des fonds nécessaires, assortis de garanties pour le réseau Natura 2000. Si la Commission et le Conseil ne parviennent pas à accélérer le transfert de ressources du soutien agricole direct vers le développement rural, cette approche intégrée échouera, et ils auront à porter la responsabilité de la mise en danger du patrimoine Nature en Europe ». Sa collègue Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE, néerlandaise), membre de la commission parlementaire temporaire sur les perspectives financières de l'UE, note que 3 milliards d'euros par an pourraient être dégagés et alloués à Life Plus « en mettant un terme aux subventions agricoles à l'exportation, en transférant une partie du budget du soutien direct aux agriculteurs au profit du développement rural et en exigeant des Etats membres qu'ils cofinancent le soutien direct aux revenus agricoles ».