Bruxelles, 17/03/2005 (Agence Europe) - En présentant à la presse le Livre vert sur le vieillissement démographique adopté le 16 mars par le Collège (EUROPE d'hier, p.16), le Commissaire Vladimir Spidla en a rappelé les conclusions: allongement de la durée de vie dans de meilleures conditions de santé, départ à la retraite des « baby boomers », baisse du nombre de naissances. « La situation démographique est des plus sérieuses », a constaté M. Spidla en demandant de « réagir immédiatement. C'est un changement grave de toute l'économie européenne, et il faut lui trouver une réponse globale ». Ces modifications démographiques auront un impact sur plusieurs secteurs, comme l'industrie automobile (les choix d'achat changeant selon les âges), et aussi sur les réseaux commerciaux (nécessité de proximité pour les personnes âgées qui ont des difficultés à se déplacer), sur la construction de logements et sur les systèmes de santé. Il faut réformer les systèmes de retraite en passant à un système de capitalisation (tout en veillant aux risques que ces systèmes peuvent engendrer) par rapport à un système de privatisation, estime M. Spidla, en rappelant que le Japon et la Chine sont aussi confrontés à des problèmes démographiques.
A un journaliste qui soulignait la difficulté pour les jeunes couples de concilier vie familiale et professionnelle « parce qu'il faut travailler à deux pour avoir un toit et des enfants, que cela coûte cher et que les citoyens d'Europe ne bénéficient pas tous des salaires de Bruxelles », Vladimir Spidla, avocat « d'une réelle égalité des chances entre hommes et femmes », a répondu que « si une femme souhaite rester chez elle après un accouchement, rien ne peut l'en empêcher. Dans le cas contraire, nos sociétés modernes offrent des possibilités (crèches, etc.). Le choix de la femme doit être fait pour des raisons personnelles, et pas de société. Il faut faciliter ce choix de la femme et permettre à tous d'organiser vie professionnelle et familiale ». Alors on reviendrait à « ce modèle historique européen qui a commencé à disparaître au 19ème siècle, à savoir qu'avant le 19ème siècle, il y avait une harmonie entre vie professionnelle et vie familiale », a indiqué M.Spidla en citant l'exemple du travail des familles dans les fermes. « L'égalité des chances peut signifier que, de façon paradoxale, on en revient à l'ancien système ! », a conclu le Commissaire.