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Bulletin Quotidien Europe N° 8911
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/espace

La Commission négocie une future interface entre Galileo et Glonass - Précisions concernant le déploiement du système Galileo

Bruxelles, 17/03/2005 (Agence Europe) - De nombreuses étapes doivent encore être franchies pour que l'Europe puisse enfin disposer d'un système de radionavigation par satellite réellement opérationnel. Il y a bien sûr le choix final du concessionnaire qui doit intervenir dans les prochains mois, avec des répercussions importantes sur le secteur industriel concerné, parce que la Commission est bien décidée à éviter toute fusion entre les deux concurrents (voir EUROPE du 2 mars, p.12), mais il y a aussi le moment crucial du lancement, en novembre prochain, du premier satellite et, dans l'immédiat, les négociations qui sont menées dans le but de permettre une interconnexion entre Galileo et le système russe Glonass.

Après avoir négocié les conditions de coexistence et d'interopérabilité de Galileo avec le GPS américain, la Commission mène aujourd'hui des négociations avec les autorités militaires russes en vue de les convaincre d'adapter le système Glonass pour le rendre compatible avec le futur système européen. Pourquoi ? La technologie russe est totalement différente et les signaux des satellites Glonass (chaque satellite Glonass utilise un signal différent) ne sont pas compatibles avec les fréquences de Galileo. Il s'agit donc de convaincre la partie russe d'adapter son système à une fréquence centrale commune qui pourrait venir migrer sur le réseau Galileo, explique un fonctionnaire de la Commission assez optimiste quant au résultat de ces négociations. A l'heure actuelle, le système russe est encore exclusivement militaire. Il fonctionne cependant très mal et fait justement l'objet d'une modernisation qui devrait lui permettre de retrouver un meilleur niveau d'efficacité en 2007. Cette recherche d'une coopération avec les deux autres systèmes s'explique par le souci d'offrir en permanence le meilleur signal aux usagers du futur système européen de navigation par satellite.

Pour faire fonctionner Galileo, il va falloir installer dans l'espace une constellation de trente satellites (dix satellites sur trois orbites différentes). Ce sera là l'une des tâches du futur concessionnaire qui devra choisir parmi les lanceurs disponibles (le cahier des charges impose aussi au concessionnaire de remplacer les satellites qui ont une durée de vie de douze à quinze ans). Pour réussir la mise sur orbite de l'ensemble des satellites, il devra faire appel à des gros lanceurs comme Ariane 5 ECA (la configuration du modèle classique d'Ariane 5 n'aurait pas permis ce type de lancement) ou le lanceur de conception russe Proton, exploité par International Launch Services, une entreprise commune de l'américain Lockheed Martin et du russe Khrounitchev. Ces gros lanceurs devraient emporter de quatre à six satellites à la fois (Ariane 5 ECA pourrait même en emporter jusqu'à huit à la fois mais il faut d'abord qu'elle confirme son premier lancement réussi il y a tout juste un mois). Les lancements de cette importance devront être combinés avec des lancements plus modestes d'un ou deux satellites avec des fusées russe Soyouz ou ukrainienne Zenith. Ces combinaisons pourront évoluer au gré des circonstances et, bien sûr, en fonction des besoins. Dans leur conception actuelle, les satellites de Galileo sont assez légers (de l'ordre de 500 kilos) mais ils pourraient s'alourdir au fur et à mesure du développement du système, notamment s'il faut renforcer le signal et développer des moyens de protection du satellite lui-même.

D'ici mai 2006 au plus tard, l'Europe doit être en mesure d'émettre un signal si elle veut conserver les fréquences qui ont été attribuées à l'origine à la France, l'Allemagne et au Royaume-Uni mais que ces Etats se sont engagés à conserver pour l'usage unique de Galileo et qui ont été confiées à l'Autorité de surveillance de Galileo. Pour ce faire, deux satellites sont en cours de préparation. Le premier, qui est aussi le plus petit des deux, doit être lancé fin novembre par une fusée Soyouz depuis Baïkonour. Un deuxième suivra au début de 2006. La réussite de l'installation du premier satellite sur son orbite à 22 000 km est d'autant plus cruciale qu'il devra permettre non seulement d'émettre un signal mais aussi de fournir des informations utiles pour améliorer les satellites suivants. Il servira également à tester pour la première fois dans l'espace l'horloge atomique qui est l'élément central du dispositif permettant de définir le positionnement, souligne un responsable de l'Agence spatiale européenne. C'est de la précision de cette horloge à 10-8 seconde près que dépendra toute la fiabilité du système Galileo dont l'objectif est une erreur maximale inférieure à un mètre.

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