Bruxelles, 17/03/2005 (Agence Europe) - A quelques jours du Sommet de printemps, le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks, a exprimé une nouvelle fois, devant la presse à Bruxelles, les préoccupations du monde syndical pour l'emploi et la croissance en Europe (EUROPE du 4 mars, p.17) et lancé un appel aux chefs d'Etat et de gouvernement pour que « l'Europe sociale soit placée au cœur de la stratégie de Lisbonne », afin de « recueillir l'adhésion des citoyens au projet européen ». Tel sera le message de la manifestation du 19 mars, à laquelle participeront plus de 50.000 syndicalistes de toute l'Europe, en faveur de l'emploi et des droits sociaux et contre la directive Bolkestein. « Cette directive, en l'état, est le document politique le plus maladroit proposé par la Commission depuis longtemps », a déclaré John Monks en expliquant que la CES redoute « de nouvelles dérégulations du marché de l'emploi constituant une porte ouverte au dumping social et une menace pour les services publics ». John Monks demande que des changements fondamentaux soient apportés à la proposition « essentiellement sur le principe du pays d'origine ». « La CES est pour un marché unique des services mais pas aux dépens des normes sociales nationales et européennes, des lois sur le travail, des services d'intérêt général, de la sécurité et des conventions collectives (…) La CES poursuivra ses efforts en faveur d'une directive acceptable, qui protège les droits des travailleurs », a ajouté John Monks en se prononçant pour un retrait de la proposition Bolkestein si aucun changement fondamental n'y est introduit. « Notre message est le suivant: essayons de suivre le chemin de la révision indiquée par la nouvelle Commission. N'invoquons pas l'esprit de l'ancienne directive, allons de l'avant. Le Président Chirac tient le même message », a conclu John Monks. (Le Président Chirac a souhaité une remise à plat de la directive, comme le Chancelier Schröder: EUROPE d'hier, p. 8).
Lors de la réunion du comité exécutif de la CES, le 16 mars à Bruxelles, le Président du Conseil européen Jean-Claude Juncker s'est déclaré « pour la libéralisation des services mais contre le dumping social ». « Telle qu'elle est, cette directive ne passera pas », a-t-il dit (EUROPE d'hier, p. 7). M. Juncker a réitéré son attachement au maintien de l'équilibre de la stratégie de Lisbonne et souligné que « compétitivité et croissance ne sont pas une fin en soi », mais doivent favoriser la cohésion sociale. Un communiqué de la CES indique que le comité exécutif a rejeté les remarques du Président Barroso au Lisbon Council (EUROPE du 15 mars, p. 9) sur la directive Bolkestein: cette directive a ses détracteurs et défenseurs mais « traiter les syndicats de réactionnaires lorsqu'ils expriment leurs inquiétudes au sujet de cette directive, est une insulte à leur égard », affirme le communiqué.