Bruxelles, 14/07/2003 (Agence Europe) - Le Conseil informel Emploi et Politiques sociales, qui s'est tenu les 10 et 11 juillet à Varese dans une atmosphère délétère, n'a pas engendré des résultats très concrets. Pour la Commissaire Anna Diamantopoulou, les discussions ont été "difficiles" vu le nombre de ministres réunis autour de la table et des divergences d'opinion exprimées. Toutefois, le sentiment de la Commissaire masquait mal une tension avec le président du Conseil Roberto Maroni. Le ministre italien a ainsi brusquement quitté la conférence de presse finale même sans prendre congé de la Commissaire (il refusait de répondre aux journalistes italiens sur des questions nationales). Dans cette ambiance particulière, les ministres ont fait le point sur un ensemble de thèmes liés entre eux: stratégie européenne pour l'emploi 2003-2006, travail non déclaré, synchronisation des processus sociaux, immigration légale et illégale, soutenabilité financière des régimes de prévoyance sociale. Comme l'a souligné Roberto Maroni au cours de la conférence de presse, "tous ces thèmes relèvent de la responsabilité des Etats membres mais cette responsabilité doit être inscrite dans une vision commune, sans quoi la compétitivité de l'Europe s'en ressentira". Par ailleurs, les ministres ont témoigné de leur intention d'utiliser la méthode ouverte de coordination pour les pensions. Wim Kok a informé les ministres des travaux de la Task Force Emploi, dont il est président et qui a tenu sa deuxième réunion consultative lundi 14 juillet à Bruxelles. Wim Kok a ainsi présenté aux ministres le mandat de la Task Force, ses objectifs, sa méthode de travail et ses priorités d'actions. Le rapport définitif de la Task Force sera publié lors de la dernière réunion consultative le 11 novembre prochain (pour les détails, voir EUROPE du 23 mai p.13).
Devant la presse, Mme Diamantopoulou a noté que "il n'y a pas un seul Etat membre qui ne connaisse pas le problème du travail au noir. Il en va de même dans les pays candidats mais dans une autre mesure", a poursuivi la Commissaire en constatant l'existence d' "un consensus pour travailler tous ensemble contre ce fléau qui, entre autres, attaque le marché de l'emploi et présente des liens certains avec la politique d'immigration". Se référant aux chiffres d'un document récent de la Commission sur "le travail non déclaré et la stratégie européenne pour l'emploi", Mme Diamantopoulou a indiqué que "le travail non déclaré représente entre 7% et 19% de la valeur du travail total déclaré au sein de l'UE". En réponse à une question portant sur le régime des pré-pensions accordées dans le cadre des restructurations d'entreprises, Mme Diamantopoulou a déclaré: "on ne peut plus continuer à appliquer de tels régimes car ils ont un impact catastrophique sur les systèmes de protection sociale et de pension".
Au cours du tour de table sur la méthode ouverte de coordination en matière de protection sociale, le ministre belge des Pensions Franck Vandenbroucke a souligné l'importance "d'avoir, dans le domaine des pensions tant au niveau national qu'européen, une collaboration entre les Conseils Ecofin et Social, et étendre cette collaboration aux secteurs des soins de santé et de l'inclusion sociale". Le ministre belge demande que "chaque année soit présenté un rapport sur la protection sociale, intégrant les trois volets que sont l'inclusion sociale, les soins de santé et les pensions, pour le Sommet européen de printemps". Le Secrétaire d'Etat britannique Chris Pond s'est dit "préoccupé par le fait que la souveraineté nationale pourrait être limitée par une intrusion communautaire injustifiée". Quant au ministre espagnol Eduardo Zaplana, il a insisté sur le respect des politiques nationales et de leurs particularités et noté que la méthode de coordination ouverte devait permettre de "rendre la vie plus facile à tous".