Bruxelles, 14/07/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté le 14 juillet une offre accordant un accès préférentiel aux marchés publics européens aux entreprises du Mercosur. Pour la Commission, il s'agit de relancer le processus de négociations engagé avec le Mercosur, qui vise à conclure un accord d'association entre les deux régions. C'est « un signe clair de notre volonté d'aller de l'avant à plein régime. J'espère que le Mercosur déposera bientôt son offre de manière à insuffler un dynamisme nouveau aux négociations », a déclaré Pascal Lamy. Lors du dernier cycle de négociations, à Asunciün (Paraguay), du 23 au 27 juin, le Mercosur n'avait fait aucune proposition concernant les marchés publics, contrairement au programme de travail qui avait été fixé à Rio en juillet.
Cette offre de l'Union « est la plus vaste jamais formulée dans le cadre de négociations commerciales bilatérales », précise-t-on à la Commission et va au-delà de l'accord de l'OMC sur les marchés publics. Elle permettrait aux sociétés du Mercosur de participer aux marchés publics de travaux, fournitures et services dans tous les domaines (exceptés pour l'aide humanitaire et les armes) lorsque le marché dépasse une valeur de 162 000 euros pour les biens et 6,2 millions d'euros pour les services. Un marché juteux puisque les adjudications publiques représentent un budget total de 200 milliards d'euros, soit près de 2.4% du PIB de l'Union.
Le Mercosur refuse pour l'instant d'avancer dans les discussions sur les marchés publics tant que les négociations sur l'agriculture, où il souhaite obtenir davantage, ne seront pas terminées (voir EUROPE du 28 juin, p. 10). C'est une « position stratégique » déclare-t-on à la Commission, « nous sommes prêts à faire davantage dans le domaine de l'agriculture, mais les négociations doivent être menées en parallèle dans les deux domaines, en suivant le calendrier qui avait été convenu ».
L'UE souhaite à présent organiser une rencontre au niveau ministériel avec les pays du Mercosur pour la dernière semaine d'août, afin de lancer la dernière phase des négociations. Ces négociations sont d'ailleurs l'un des sujets au programme des rencontres, cette semaine, du Commissaire Lamy avec le ministre du Commerce brésilien Luiz Fernando Furlan, le président argentin Nestor Carlos Kirchner, ainsi que le ministre argentin des Affaires étrangères Rafael Antonio Bielsa.