Bruxelles, 05/06/2002 (Agence Europe) - Dans une lettre ouverte aux députés européens, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) insistent sur les nombreuses violations des droits de l'Homme en Algérie. Ils citent en particulier les actes d'intimidation perpétrés à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme par le pouvoir algérien, les disparitions forcées ou involontaires (plus de 3000 selon leurs estimations), les « ratissages » et autres opérations militaires menées par les « Groupes de Légitime Défense » avec les forces de sécurité, les arrestations arbitraires, la pratique généralisée de la torture, les exécutions sommaires, les atteintes aux libertés d'association, de manifestation et d'expression ainsi que le refus des autorités algériennes de tout accès au territoire pour les rapporteurs spéciaux des Nations unies et les ONG (voir aussi EUROPE d'hier, p.6).
La FIDH et le REMDH demandent au Parlement européen de prendre la clause essentielle (respect des droits de l'Homme) au sérieux et de reporter son examen de l'Accord d'association signé avec l'Algérie, afin de prendre le temps d'un débat approfondi sur la situation dans ce pays. Les deux organisations demandent à la commission des Affaires étrangères du PE, qui devait avoir un premier échange de vues sur ce dossier cette semaine, d'inviter des représentants de la société civile algérienne à l'une de ses prochaines réunions. Elles estiment aussi que même s'il devait rendre son avis conforme sur cet accord lors de l'une de ses prochaines sessions plénières (le calendrier actuel prévoit un vote en juillet), le Parlement devrait assortir cette approbation d'une demande visant la mise en place d'un mécanisme permettant l'évaluation et le suivi de la clause « droits de l'Homme », au moyen de la création d'un groupe de travail conjoint UE-Algérie sur les droits de l'Homme qui devrait faire des rapports réguliers au Conseil sur les progrès en la matière.