Bruxelles, 12/02/2002 (Agence Europe) - Ce mercredi 13 février, le Président Prodi doit présenter à la presse le plan d'action de la Commission en matière de compétences et de mobilité, après son adoption par le Collège. Etabli à l'initiative des Commissaires Anna Diamantopoulou (Affaires sociales) et Viviane Reding (Education) en accord avec Frits Bolkestein (Marché intérieur, voir EUROPE du 9 février, p.10 et des 11/12 février, p.14), ce plan vise à accroître les niveaux de compétence et la capacité d'adaptation de la main-d'oeuvre européenne afin d'atteindre les objectifs fixés à Lisbonne (amélioration quantitative et qualitative de l'emploi, renforcement de la cohésion sociale, création d'une économie de la connaissance dynamique). Ce plan est donc destiné à promouvoir la mobilité des travailleurs et à leur garantir que les marchés européens du travail seront ouverts et accessibles à tous d'ici 2005, en levant les obstacles qui enfreignent cette mobilité transfrontalière. Il avance aussi des propositions spécifiques pour un régime plus uniforme, plus transparent et plus souple de reconnaissance des qualifications, des diplômes et des périodes d'études et insiste sur l'introduction d'une carte universelle d'assurance maladie (idée que Mme Diamantopoulou avait officiellement lancée lors du Conseil informel de l'Emploi à Burgos: voir EUROPE du 17 janvier, p.17).
Le plan d'action identifie trois défis fondamentaux: 1) les faibles niveaux de mobilité professionnelle des travailleurs et de rotation de la main-d'oeuvre dans l'UE ("Seuls 16,4% des travailleurs sont restés moins d'un an avec le même employeur en 2000 dans l'UE, contre 37% aux Etats-Unis", commente Andrew Fielding, porte-parole de Mme Diamantopoulou); 2) la relative faiblesse de la mobilité géographique dans l'UE, entre Etats membres mais aussi à l'intérieur de ceux-ci, du fait d'obstacles juridiques et administratifs et de contraintes économiques, sociales et culturelles ; 3) la fragmentation des informations et le manque de transparence des offres d'emplois pour ceux qui souhaitent changer d'emploi ou de carrière ou déménager dans un autre pays.
Pour répondre à ces défis, il faut, selon la Commission: 1) renforcer la mobilité professionnelle et le développement des compétences en s'assurant que les systèmes d'éducation et de formation soient en mesure de mieux répondre aux besoins du marché de l'emploi, que des stratégies de développement des compétences soient établies pour les travailleurs, que l'éducation et la formation soient reconnues quelle que soit leur origine et que les qualifications puissent être transférées plus facilement, et que l'on accroisse les ressources humaines dans les régions les moins avancées; 2) faciliter la mobilité géographique en supprimant les obstacles juridiques et administratifs, grâce par exemple à l'introduction d'une carte universelle d'assurance maladie et en étoffant les compétences linguistiques et transculturelles et en encourageant la reconnaissance transfrontalière des qualifications; 3) améliorer la qualité des informations fournies, grâce à la création d'un site d'information unique sur la mobilité, à une plus grande efficacité du système d'offre d'emplois EURES et au lancement d'une campagne d'information sur la mobilité.
La Commission invite le Sommet de Barcelone à confirmer son analyse des défis auxquels est confrontée l'UE dans ce domaine, et les diverses formations du Conseil à adopter les mesures qui lui seront présentées dans le cadre de la mise en oeuvre de ce plan d'action.