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Bulletin Quotidien Europe N° 8149
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/internet

La Commission estime qu'il faudra poursuivre l'initiative eEurope au-delà de 2002

Bruxelles, 12/02/2002 (Agence Europe) - En prévision du Sommet de Barcelone, la Commission européenne a adopté mercredi dernier un rapport sur le plan "eEUROPE 2002" approuvé par le Sommet de Feira en juin 2002. Elle y souligne que si le taux de pénétration d'Internet a augmenté, de nombreux problèmes subsistent: le commerce électronique piétine, des disparités importantes existent entre pays du nord et du sud de l'UE, la formation est insuffisante, etc. Un bilan mi-figue mi-raisin qui aboutit à une conclusion sans appel: il faudra poursuivre eEurope au-delà de 2002.

Première constatation: la pénétration d'Internet dans les foyers est passée de 18 % en mars 2000 à 28 % en octobre 2000 et à 36 % en juin 2001. En outre, l'utilisation d'Internet est plus importante que ne le laissent paraître les taux de pénétration. En novembre dernier, plus de 50 % des plus de 15 ans utilisaient Internet à domicile, à l'école, au travail ou dans des lieux publics. Mais il y a une forte disparité entre Etats membres: Pays-Bas, Suède et Danemark affichent des taux supérieurs à 50 %, les Pays-Bas dépassant même les 60 %. En revanche, la Belgique, l'Italie, la France, le Portugal, l'Espagne et la Grèce, avec 10 %, affichent des taux inférieurs à la moyenne communautaire (37,7 %). Deuxième constatation: avec un taux de près de 90 %, la pénétration d'Internet dans les entreprises (occupant plus de 10 personnes) est beaucoup plus importante que dans les foyers. En outre, plus de 60 % de ces entreprises ont leur propre site web, à l'exception notable du Portugal où à peine deux tiers des entreprises sont connectées et où un tiers seulement ont leur site web.

S'agissant des coûts, la Commission souligne que les prix d'accès à Internet via une ligne téléphonique normale ont constamment baissé, alors qu'ils sont beaucoup plus élevés pour l'accès à Internet à large bande et que le déploiement à large bande varie fortement d'un Etat à l'autre: l'Allemagne a plus de 2 millions d'abonnés ADSL, la Belgique presque 500.000 et le Royaume-Uni 250.000 et il n'y a pas de service à large bande en Grèce. La Commission indique aussi qu'en matière d'accès rapide à la Toile, les solutions telles que le satellite, la télévision numérique interactive, l'accès fixe radio à large bande ou le raccordement des foyers par fibre optique restent des solutions très marginales.

Quant aux progrès de la protection contre les menaces sur le plan de la sécurité, ils sont lents et malgré l'adoption d'une directive sur les signatures électroniques, l'utilisation de cette forme d'authentification demeure restreinte.

La Commission salue par ailleurs les progrès concernant l'objectif de raccorder toutes les écoles à Internet à la fin de 2001. En mai dernier, plus de 80 % des écoles de l'UE étaient raccordées, mais les élèves n'y avaient pas forcément accès, Internet étant souvent utilisé à des fins administratives. Le rapport note aussi que si de plus en plus de gens utilisent Internet au travail, un grand nombre d'entre eux n'ont pas reçu de formation adéquate. En outre, des différences persistent en ce qui concerne l'accès au réseau selon le groupe social auquel on appartient (homme/femme, actif/chômeur, etc.).

Le commerce électronique progresse lentement, constate le rapport. 31 % des utilisateurs d'Internet dans l'UE avaient effectué des achats en ligne en octobre 2000, et 36 % en novembre 2001, mais 4 % seulement indiquent effectuer fréquemment des achats en ligne, "ce qui constitue un sérieux problème pour le commerce électronique". La Commission semble imputer le manque d'attrait du e-commerce aux faits que bon nombre d'internautes renoncent aux achats en ligne en raison des frais d'expédition et de livraison élevés. "Une plus grande concurrence dans le secteur postal contribuerait certainement à réduire ces frais", fait-elle valoir, estimant aussi que les consommateurs seraient davantage enclins à recourir aux achats électroniques s'ils étaient certains de pouvoir obtenir réparation en cas de litige.

Selon elle, ce manque de confiance du consommateur nuit surtout aux PME, car les grandes compagnies bénéficient de leur image de marque. Elle souligne aussi que les entreprises qui vendent en ligne sont moins nombreuses que celles qui effectuent des achats sur Internet, "probablement en raison des coûts plus élevés liés aux ventes en ligne". Pour acheter sur Internet, il suffit en effet d'être connecté et de posséder une carte de crédit, alors que pour vendre il faut créer un site et le gérer avec un niveau de sécurité adéquat, et éventuellement une organisation logistique.

Face à ce bilan, la Commission dégage un certain nombre de conclusions: - pour augmenter le taux de pénétration d'Internet, il faut accorder une plus grande attention aux autres plates-formes d'accès (notamment, appareils de communications mobiles et télévision numérique); - il faut cerner les obstacles au développement du commerce électronique, ce qui pourrait être le point de départ d'un meilleur suivi de l'impact économique du cadre juridique; - la tentative d'eEurope d'élargir la disponibilité des plates-formes n'a pas beaucoup progressé; - il faut essayer de réduire les disparités entre Etats membres; - les Etats membres doivent faire évoluer la connexion des écoles vers la large bande; - la résolution du Conseil visant à créer une task force chargée de la cybersécurité devrait être rapidement mise en oeuvre; - il faut étendre la formation et améliorer l'accès des groupes sociaux défavorisés à Internet. Et la Commission de conclure que "il faut poursuivre l'action eEurope au-delà de 2002 et mettre davantage l'accent sur une utilisation plus performante de l'Internet".

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