Bruxelles, 28/09/2000 (Agence Europe) - Invitées par la Présidence française du Conseil à participer à la session bisannuelle du dialogue entre l'Union européenne et la Chine sur les droits de l'homme qui se tient ces jeudi et vendredi à Pékin, plusieurs ONG de défense des droits de l'homme ont refusé de participer. Dans une lettre ouverte aux Etats membres de l'UE, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme et Human Rights in China précisent qu'elles apprécient le geste de la présidence "qui vise le dialogue plus transparent", mais qu'elles se refusent à cautionner un dialogue stérile.
Dans la même ligne qu'Amnesty International (voir EUROPE d'hier p. 3), la FIDH et Human Rights in China estiment que "le dialogue bilatéral n'a pas amené la Chine à mieux respecter les droits de l'homme internationalement reconnus". Pire: "les violations des droits de l'homme ont atteint des proportions alarmantes ces deux dernières années: le gouvernement chinois mène actuellement la répression la plus impitoyable depuis la crise de 1989". "Tant que le gouvernement chinois utilisera la répression dans le pays, tout en préconisant le dialogue au niveau international, il sera permis de s'interroger sur la validité du dialogue", remarquent les ONG. En outre, les ONG soulignent que les organisations qui "œuvrent le plus pour la promotion des droits de l'homme en Chine" ont été exclues du dialogue par les autorités chinoises. "L'UE devrait non seulement inviter des organisations internationalement indépendantes de droits de l'homme à participer au dialogue, mais aussi encourager le gouvernement chinois à engager un dialogue interne", disent les ONG. Les militants des droits de l'homme appellent une fois de plus l'UE a rendre publics les résultats du dialogue et à "en tirer les conséquences: le dialogue ne doit pas nécessairement être poursuivi à tout prix".