Bruxelles, 28/09/2000 (Agence Europe) - L'entreprise de télécommunications américaine MCI Worldcom, dont le projet de fusion avec son concurrent Sprint avait avorté en juin dernier suite à l'interdiction formelle de la Commission européenne, annonce avoir demandé l'annulation de cette décision au Tribunal de première instance de l'UE pour des raisons « juridiques, de substance et de procédure ». Michael Salsbury, conseiller général de MCI Worldcom, estime en effet que « la Commission n'a pas perçu correctement la manière dont les services Internet sont délivrés et la nature hautement concurrentielle du marché de l'Internet ». En s'appuyant sur les conclusions d'économistes et experts en matière technique et industrielle, MCI Worldcom estime notamment que: i) les parts de marché que se seraient arrogées les deux parties ne prouvent pas qu'il y aurait eu création de position dominante ; ii) la Commission n'a pas tenu compte dans son enquête des changements intervenus sur le marché de l'Internet ces deux dernières années, notamment l'arrivée de nouveaux concurrents et le développement de nouvelles technologies qui restreignent la dominance du marché par un seul opérateur ; iii) le marché en question a été défini de manière artificielle sans prendre en compte le marché de l'offre et de la demande.
Pour rappel , la Commission européenne avait décidé le 28 juin dernier d'interdire la fusion entre MCI Worldcom et Sprint, estimant que cette opération aurait entraîné une position dominante dans l'accès à l'Internet en cumulant les réseaux et l'importante clientèle des parties. Voir EUROPE du 29 juin, p. 9.