Bruxelles, 28/09/2000 (Agence Europe) - Le patronat européen appelle les ministres des Finances à prendre de nouvelles mesures pour enrayer la hausse des prix du pétrole. Dans un communiqué publié à la veille du Conseil Ecofin à Bruxelles, l'Unice remarque que "la taxe sur l'énergie est cinq fois plus élevée en Europe qu'aux Etats-Unis. Il y a une limite à ce qui peut être payé (…) Dans les derniers mois, le coût du transport par route a augmenté de 10 à 15% à la suite de la hausse du prix du pétrole". "Les ministres des Finances doivent prendre en compte la nécessité de ramener les taxes sur l'énergie à des niveaux raisonnables, proportionnelles aux niveaux payés par nos concurrents", estime le secrétaire général de l'Unice, Dirk Hudig.
Le Patronat routier appelle de son côté les ministres à prendre des décisions pour "mettre fin à la spéculation" sur les carburants "en relâchant une partie des réserves stratégiques, réserves qui ont été mises en place précisément pour assurer la stabilité des prix du pétrole", a déclaré jeudi à Bruxelles, le secrétaire général de l'Union internationale des transporteurs routiers (IRU), Martin Marmy. Les routiers demandent également aux ministres de "diminuer les taxes exagérément élevées qui frappent le secteur et à le faire de manière harmonisée pour qu'il n'y ait pas de nouvelles discriminations selon les Etats d'origine des transporteurs", a-t-il précisé. Selon la législation européenne sur les accises, les taxes peuvent être limitées à un montant équivalent à 33 dollars par baril, or "elles atteignent jusqu'à 140 dollars par baril dans certains Etats", a-t-il remarqué.
"Lorsque les prix du pétrole baissaient, les pays européens ont augmenté la fiscalité, contrairement aux Etats-Unis, et à des niveaux différents selon les Etats membres, créant ainsi des distorsions de concurrence", a noté le représentant de l'IRU. En outre, "la flambée des prix due à la spéculation des acheteurs et des compagnies pétrolières est intolérable", a-t-il estimé en soulignant que les transporteurs n'ont pas pu répercuté les 30 hausses des prix enregistrés ces derniers mois sur leur client. "Les ministres doivent entendre les cris désespérés de survie des routiers", a-t-il plaidé.