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Bulletin Quotidien Europe N° 7809
JOURNEE POLITIQUE / (eu) uem/danemark

Forte participation au référendum sur l'euro - Arguments pour et contre - Encore des sondages cinq heures après le début du vote

Copenhague/Bruxelles, 28/09/2000 (Agence Europe) - Les Danois sont allés très nombreux voter pour ou contre l'adhésion de leur pays à la monnaie unique européenne, le jeudi 28 septembre: les résultats de cette consultation très serrée devaient être connus à partir de 22 heures. Environ quatre millions de personnes étaient appelées aux urnes et (ce qui est inhabituel) les résultats d'un dernier sondage ont été encore diffusés par la télévision danoise TV2, à 14 heures, donc cinq heures après l'ouverture du référendum. Selon ce sondage, qui comporte une marge d'erreur de 3% environ, le "non" l'emporterait avec 52,5% des voix et le "oui" obtiendrait seulement 47,5% des voix. Un deuxième sondage diffusé à 16 heures prévoyait 52,1% de non et 47,9% de "oui"; un dernier sondage sera encore diffusé vingt minutes avant la fermeture des urnes.

Le premier ministre Poul Nyrup Rasmussen a espéré que les Danois "voteront avec leurs coeurs et leurs têtes, parce que ceci est décisif pour l'avenir du pays et pour sa place dans la famille européenne". "Je crois que nous avons une chance, mais ce sera très serré", a affirmé M.Rasmussen. Quant au ministre des Affaires étrangères Niels Helveg Petersen, il a indiqué à la presse que le Danemark avait un "plan de défense" de la couronne en cas de victoire du "non". Nous avons "déjà prouvé que nous sommes capables de défendre la couronne face aux spéculateurs", a-t-il déclaré, en ajoutant: "Si, comme je l'espère, le "oui "l'emporte, le Danemark gagnera en influence" au sein de l'UE. Cette semaine, les ministres de l'Economie Marianne Jelved et des Finances Mogens Lykketoft ont affirmé qu'une victoire du "non" provoquerait au Danemark, dans les prochaines années, une augmentation des taux d'intérêt et une perte de 15 000-20 000 emplois (mais pas une "détérioration immédiate" de l'économie danoise, a dit Mme Jelved). Dans le camp du "non", l'élue européenne du Mouvement de juin Ulla Sandbaek a rejeté la monnaie unique, qui, selon elle, sera le "moteur" menant à un "Etat fédéral", en craignant qu'"il y aura toujours davantage d'Europe" (voir dans EUROPE des 18/19 septembre, p.15, les commentaires de Jens Peter Bonde, également élu européen du Mouvement de juin et co-président du Groupe pour l'Europe des démocraties et des différences).

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, a affirmé pour sa part que, si le "oui" l'emporte, ce sera une bonne chose pour l'euro et pour le Danemark, tout en ajoutant: si c'est le "non" qui gagne, je ne vois pas cela comme un problème pour la zone euro, même s'il pourrait y avoir quelques problèmes pour l'économie danoise.

Quant à l'élu européen de la CDU Karl von Wogau, il a estimé que tous les arguments objectifs sont en faveur d'une adhésion danoise à l'euro. Le Danemark remplit les critères de convergence depuis le démarrage de la monnaie unique, et si aujourd'hui il dit "oui", il aura un siège et une voix à la Banque Centrale Européenne, ce qui renforcera considérablement son influence, a constaté l'ancien président de la commission économique et monétaire du PE. Par ailleurs, il a souligné l'intérêt qu'un petit pays comme le Danemark, ayant des exportations qui équivalent à environ la moitié de sa performance économique, a dans la stabilité des taux de change. L'entrée du Danemark ferait augmenter le PIB de la zone euro d'environ 2 ½, ce qui n'aura guère d'effets monétaires ou "réels", a indiqué M.vonWogau, tout en notant que le "oui" aurait un important impact politique, car il serait un signal de confiance dans la monnaie unique pour d'autres candidats à accepter l'euro (allusion, évidemment, à la Suède et au Royaume-Uni).

Cette consultation est le sixième référendum organisé au Danemark sur l'Europe, après les consultations populaires des: 2 octobre 1972 sur l'adhésion à la Communauté européenne: 63,3% oui, 36,7% non (taux de participation: 90,1%); - 2 février 1986 sur l'Acte unique: 56,2% oui, 43,8% non (participation: 75,4%); - 2 juin 1992 sur le Traité de Maastricht: 50,7% non, 49,3% oui (participation: 82,3%); - 18 mai 1993 sur le Traité de Maastricht révisé (pour y inclure les quatre" opt outs" sur la monnaie, la défense, la coopération policière et judiciaire et la citoyenneté européenne): 56,8% oui, 43,2% non (participation: 86,2%); - 28 mai 1998, sur le Traité d'Amsterdam: 55,1% oui, 44,9% non (participation: 74,8%).

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