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Bulletin Quotidien Europe N° 7809
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mercosur/chili

Le commissaire Lamy a invité les pays du Mercosur et le Chili à examiner l'impact de la libéralisation sur leurs politiques internes, avant de poursuivre les négociations de libre-échange

Bruxelles, 28/09/2000 (Agence Europe) - En visite officielle au Chili, en Argentine et en Uruguay à quelques semaines du troisième round de négociation pour des accords d'association entre l'UE et le Mercosur d'une part (du 7 au 10 novembre au Brésil), l'UE et le Chili d'autre part (le 13 novembre à Santiago), le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, a été extrêmement prudent sur la portée de la future libéralisation entre les blocs régionaux. " Jusqu'où faut-il aller dans cette libéralisation réciproque? Jusqu'à une zone de libre-échange au sens de l'article XXIV de l'OMC, comme le suggère, sans toutefois le dire explicitement, le mandat du Conseil de l'UE ou bien jusqu'à un stade intermédiaire ? Je me garderais bien de trancher, car je vois ici matière à réflexion pour les pays du Mercosur eux-mêmes ", a répété le commissaire à Buenos Aires et à Santiago.

Dressant un vaste cadre des enjeux du futur round de négociations multilatérales à l'Organisation mondiale du Commerce, Pascal Lamy a insisté notamment sur la nécessité de "rendre la libéralisation des échanges pleinement compatible avec les politiques internes constitutives du développement durable". Dans cette ligne, le commissaire a invité les pays du Mercosur et le Chili à réfléchir à l'impact de la future libéralisation, tant au niveau multilatéral que dans le cadre d'une négociation bilatérale.

D'un côté, "le Mercosur apparaît à l'UE une entreprise de modernisation majeure à l'échelle du continent, qui ouvre aux opérateurs européens des perspectives nouvelles d'expansion des échanges commerciaux et d'investissements. Ces perspectives sont de nature à faciliter la négociation commerciale bilatérale entre le Mercosur et l'UE ainsi que la libéralisation multilatérale, dans le cadre de l'OMC." De l'autre côté, a remarqué le commissaire, l'agriculture argentine, par exemple, est prête à affronter la concurrence, mais il n'en va pas nécessairement de même de l'industrie et des services. Or, "c'est sur l'ensemble de tous les secteurs, dans une perspective de la diversification indispensable de votre économie, qu'il vous appartiendra de déterminer quand vous serez prêts à affronter sans aucune protection tarifaire vos grands partenaires et concurrents européens, et éventuellement américains si la FTAA devait voir le jour."

Interrogé par la presse argentine sur le retard que le projet UE/Mercosur pourrait prendre sur la zone de libre-échange des Amériques, le commissaire Lamy a assuré que l'UE n'est pas en concurrence avec l'Alca: "Il n'y a pas de course à l'échalote", a-t-il déclaré. En outre, a-t-il souligné, le "Mercosur exporte pour 9 milliards d'euros vers l'Union européenne chaque année, contre 2 milliards vers les Etats-Unis".

La question litigieuse de l'agriculture a été abordée notamment lors de la rencontre entre M. Lamy et le ministre argentin des relations extérieures, Adalberto Rodiguez Giavarini. L'Argentine a insisté "sur la nécessité d'éliminer les subventions", a indiqué un communiqué argentin. "L'Union européenne s'ouvre de plus en plus", a rétorqué le Commissaire en soulignant que "les subventions à l'exportation qui représentaient plus de la moitié du budget de l'agriculture en 1992 sont tombées à 9% de ce budget".

Précédée de déclarations des autorités argentines fustigeant le désintérêt de l'Europe pour l'Amérique latine, la visite du commissaire Lamy ne semble pas avoir rassuré ses interlocuteurs. Dans une interview au quotidien Espagnol "El Pais" du 28 septembre, le ministre argentin de l'Economie, José Luis Machinea, revient sur le manque de soutien de l'UE au processus d'intégration du Mercosur, en soulignant que l'UE est actuellement "plus préoccupée par l'Europe de l'Est et les problèmes de l'Afrique du nord, et qu'elle mettra toujours davantage l'accent sur ces régions". Il est vrai, poursuit le ministre, "que l'UE (en particulier l'Espagne) a investi beaucoup, mais les développements commerciaux sont limités".

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