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Bulletin Quotidien Europe N° 13884
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ACTION EXTÉRIEURE / MÉditerranÉe

La Commission européenne lance son initiative pour la coopération trans-méditerranéenne sur les énergies renouvelables et les technologies propres

La Commission européenne a annoncé, mardi 9 juin, le lancement de son initiative de coopération transméditerranéenne en matière d'énergies renouvelables et de technologies propres (T-MED), dans le cadre du 'Pacte pour la Méditerranée', présenté en octobre 2025 (EUROPE 13732/2). Les pays membres du partenariat sont l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie.

L'objectif de cette initiative est de renforcer la coopération volontaire des pays méditerranéens avec l'Union européenne dans le domaine des énergies renouvelables et des technologies propres.

De l'énergie propre et à bas coût. « Nos partenaires du sud de la Méditerranée recèlent un potentiel en énergies renouvelables sans égal », a déclaré Dubravka Šuica, la commissaire européenne à la Méditerranée, lors du lancement de l'initiative, mardi 9 juin. « La production d’énergies renouvelables coûte 30 à 40% moins cher en Afrique du Nord qu’en Europe. Dans le même temps, il existe un écart considérable entre le potentiel des ressources et les flux d’investissement réels. Nous pouvons exploiter cet immense potentiel pour dynamiser l’ensemble de notre région ».

Des objectifs précis pour 2035. T-MED vise à contribuer à 15 GW de capacité supplémentaire d'énergies renouvelables dans les pays partenaires, en développement ou en construction, d'ici 2035, à travers les instruments financiers de l'Union européenne, notamment le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+). Par ailleurs, l'initiative compte sur trois projets transfrontaliers d'électricité et d'hydrogène prêts pour une décision finale d'investissement d'ici 2035 et trois chaînes de valeur industrielles dans les technologies propres à la même échéance.

L'initiative T-MED repose sur cinq piliers. Premièrement, une plateforme d'investissement de la Commission européenne, qui sera lancée d'ici septembre 2026, permettra d'identifier des projets et de trouver les outils de financement appropriés.

Ensuite, un accélérateur réglementaire, qui vise à accélérer la convergence réglementaire de l'UE et des pays partenaires, à augmenter leur transparence et se fixe comme objectif des réformes réglementaires dans cinq pays partenaires d'ici 2035 pour favoriser les investissements privés. L'accès aux fonds européens et au support technique sera progressivement subordonné aux réformes réglementaires.

Troisièmement, la modernisation des infrastructures et des réseaux d'acheminement d'électricité fait partie de l'initiative, calquée sur un modèle similaire au paquet 'réseaux' (EUROPE 13767/4) et à la numérisation des réseaux dans l'UE (EUROPE 13880/4).

Les deux derniers piliers visent à former du personnel qualifié dans le secteur des énergies renouvelables et à créer un écosystème propice au développement des technologies propres. 

25 milliards d'euros à trouver. L'initiative de la Commission prend la forme d'un cadre réglementaire destiné à attirer les investissements privés. D'ici 2035, l'objectif est de mobiliser jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissements provenant de sources privées et publiques, « pour commencer », assure Dubravka Šuica. Lors de l'annonce du Pacte pour la Méditerranée, en octobre dernier, l'espoir de la Commission était de mobiliser cinq fois plus de capitaux privés que publics.

« Grâce à une capacité de garantie de 5 milliards d'euros de l'UE, nous pouvons mobiliser jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissements supplémentaires », a déclaré Dan Jørgensen, commissaire à l'Énergie, le 9 juin. « Nous souhaitons inciter les institutions financières, les banques commerciales et les autres investisseurs à se tourner vers des actifs d'investissement porteurs à long terme, à savoir les énergies renouvelables et les technologies propres ».

La commissaire Šuica a organisé un dialogue avec les acteurs du secteur privé afin d’aborder leur rôle dans l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables dans la région, le 9 juin, dans le cadre de la semaine européenne de l'énergie durable à Bruxelles.

Un appel à manifestation d'intérêts a été lancé en avril 2026 pour les investisseurs privés, qui se terminera le 15 juin, et un appel à projets a été lancé mardi et restera ouvert jusqu'au 15 août.

Une initiative gagnant-gagnant, d'après la Commission. L'initiative vise également à renforcer la sécurité énergétique de l'Union européenne et des pays partenaires, explique un responsable de la Commission. Du côté de l'UE, l'importation d'une énergie décarbonée à bas coût augmente la compétitivité européenne. Du côté des pays partenaires, la production de celle-ci est un vecteur de prospérité. « Les entreprises européennes sont encouragées à installer leur chaîne d’approvisionnement dans les pays tiers », ajoute-t-il.

400 000 à 500 000 emplois pourraient être créés en Afrique du Nord d'ici 2040 grâce à cette initiative, selon les estimations d'IRENA. Un programme de compétences est également lancé afin de « garantir que les qualifications correspondent aux besoins du marché du travail dans l'ensemble du secteur de l'énergie ».

Le 17 avril, la Commission a présenté les 21 premières actions du 'Pacte pour la Méditerranée' (EUROPE 13851/1). T-MED est décrit comme « une initiative clé » de ce pacte.

Lire l'initiative T-MED : https://aeur.eu/f/m8p

Accéder aux appels à projets : https://aeur.eu/f/m9c  (Nadège Delépine)

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