Les six pays des Balkans occidentaux n'arriveront probablement pas à parachever leur liaison au réseau transeuropéen de transport ('RTE-T') d'ici 2030, a relevé la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mardi 9 juin.
« Dans les Balkans occidentaux, les projets en matière de transports progressent trop lentement pour que la région puisse être reliée à l’UE avant la fin de cette décennie », a déclaré Laima Andrikienė, membre de la Cour responsable du rapport, dans un communiqué. Selon elle, « la Commission européenne devrait améliorer la sélection, le suivi et la durabilité des projets, et renforcer la visibilité des financements européens en faveur des transports dans la région ».
La Cour pointe notamment des faiblesses dans la sélection de projets de transports (chemin de fer, voies navigables, routes) n'étant pas arrivés à maturité, c'est-à-dire lorsque les travaux préparatoires ne sont pas finalisés à temps. En général, les projets ont démarré avec 17 mois de retard et bon nombre d'entre eux ont accusé des retards supérieurs à deux ans au cours de leur mise en œuvre.
Selon l'échantillon de projets sélectionnés pour le rapport, des projets ferroviaires en Serbie (corridors X et Xc) et au Kosovo (axe n°10) n'ont pas été concrétisés. Les travaux routiers, en revanche, sont plus avancés en Bosnie-Herzégovine (corridor Vc) et en Macédoine du Nord (corridor VIII).
La Commission a financé les projets sélectionnés à hauteur de 527 millions d'euros entre 2015 à 2025 à travers le Cadre d'investissement pour les Balkans occidentaux (CIBO). Or, d'après les auditeurs, elle ne dispose pas de procédures efficaces pour assurer le suivi des projets, déléguant souvent cette tâche aux institutions financières. Elle n'est pas en mesure de relever d'éventuelles lacunes dans les passations de marchés publics (manque de précision dans les prix agréés, non-respect de dépenses éligibles) ni de garantir la durabilité et la visibilité de l'aide européenne.
En conséquence, relève la Cour, des montants trop élevés ont été versés par rapport à l'état d'avancement de certains projets. Et les subventions CIBO, censées créer un effet de levier, n'ont pas toujours été déterminantes pour mobiliser les fonds nécessaires à certains projets.
Voir le rapport de la Cour des comptes : https://aeur.eu/f/m96 (Mathieu Bion)