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Bulletin Quotidien Europe N° 13884
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ACTION EXTÉRIEURE / CorÉe du sud

Lors de leur 11e sommet bilatéral, l'UE et la Corée du Sud comptent renforcer leur partenariat sécuritaire et moderniser leur accord de libre-échange

Le 11e sommet entre l’Union européenne et la Corée du Sud s'ouvrira à Bruxelles mercredi 10 juin. Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, les deux parties cherchent à développer leur relation, jusqu'ici essentiellement commerciale, pour bâtir un partenariat stratégique et de défense plus solide.

Diplomatie et sécurité globale. L’alignement face à la Russie et la situation dans la péninsule coréenne seront au cœur des discussions. L’UE compte ainsi profiter de ce sommet pour « informer la Corée du Sud des efforts pour soutenir l'Ukraine, sécuriser un cessez-le-feu et une paix durable », a expliqué un responsable européen mardi 9 juin, saluant le soutien substantiel financier, humanitaire et militaire en matériel non létal déjà apporté par Séoul.

Par ailleurs, les dirigeants observent de près le déplacement du président chinois, Xi Jinping, en Corée du Nord, dans un contexte de fortes tensions régionales. « Nous comptons sur le fait que la Chine encouragera la Corée du Nord à respecter ses obligations internationales et à éviter l'escalade militaire », a précisé la même source.

Partenariat de défense renforcé. Signé fin 2024, le partenariat de sécurité et de défense (SDP) entre les deux parties franchira une nouvelle étape à l'occasion du sommet. Celles-ci prévoient notamment de lancer les négociations sur un 'accord de sécurité de l'information' qui facilitera l'échange d'informations classifiées et participera à approfondir la coopération opérationnelle.

Les discussions couvriront également la sécurité maritime, la cybersécurité, la lutte contre les manipulations de l'information et les ingérences étrangères (FIMI) ainsi que l'industrie de la défense. Concernant une éventuelle intégration de la Corée du Sud au programme de défense européen SAFE, une source européenne a souligné que, si Séoul a effectivement exprimé son intérêt sur la question, les fonds actuels sont déjà « largement attribués » par les États membres. Les entreprises coréennes peuvent cependant déjà répondre aux appels d'offres, à condition que leur part ne dépasse pas 35% du montant total du contrat, et l'UE « n'exclut pas d'explorer » une ouverture future en cas de reliquats budgétaires.

Commerce et accord numérique. Le sommet marquera également la conclusion et la signature d’un accord sur le commerce numérique. Ce nouveau texte, qui vient compléter l'accord de libre-échange en vigueur depuis 2011, vise à adapter les arrangements commerciaux actuels à l'ère numérique. Il permettra de réduire les barrières inutiles au commerce en ligne et d'offrir de plus grandes garanties juridiques aux entreprises opérant sur les marchés européen et coréen.

Partenariat pour la compétitivité. Les deux parties lanceront un nouveau partenariat axé sur la compétitivité, la puissance industrielle et l'excellence technologique, a indiqué une source européenne mardi. Le commerce et l'investissement constituent un pilier fondamental dans les relations entre les deux blocs, « mais la sécurité économique et la politique industrielle sont tout aussi importantes et nous souhaitons harmoniser ces orientations de manière plus stratégique et cohérente. Afin de soutenir et d'orienter notre action, nous mettrons en place un nouveau dialogue économique de haut niveau ». (EUROPE 13882/2).

Les dirigeants approfondiront également leur coopération en matière de sécurité économique, notamment concernant les matières premières critiques, la résilience des chaînes d'approvisionnement ainsi que la protection des technologies sensibles et émergentes.

Enfin, il s’agira de renforcer la coopération en matière d'intelligence artificielle. De manière générale, concernant la compétitivité, la discussion portera sur la manière de soutenir un environnement garantissant l'approvisionnement en semi-conducteurs et de créer les conditions propices à plus d'investissements. Le partenariat pour la compétitivité visera « précisément à couvrir l'ensemble des problématiques, et en particulier la sécurité de la chaîne d'approvisionnement ». (Justine Manaud avec Solenn Paulic)

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