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Bulletin Quotidien Europe N° 13884
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Banques

L'industrie bancaire européenne s'attaque aux « mythes » qui faussent le débat sur sa capacité à prêter davantage à l'économie

Présentant un nouveau rapport sur les moyens de stimuler la compétitivité du secteur bancaire européen commandité auprès du cabinet de consultants Oliver Wyman, la Fédération bancaire européenne (EBF en anglais) entend s'attaquer à plusieurs idées reçues qui, selon elle, faussent le débat sur la capacité des banques européennes à prêter davantage à l'économie.

Wim Mijs, directeur exécutif de l'EBF,  a évoqué les « mythes » suivants auxquels s'attaque la publication : - les niveaux élevés d'exigences en fonds propres ne limitent pas la capacité des banques à octroyer des prêts [argument avancé par les autorités de supervision (EUROPE 13787/19)] ; - les banques européennes seraient soumises à des exigences en capital plus élevées, si elles évoluaient aux États-Unis ; - il n'y a pas de crise du crédit en Europe.

L'industrie bancaire estime qu'elle serait en mesure de couvrir environ 20% des besoins annuels en investissements supplémentaires évalués à environ 1 400 milliards d'euros, « un montant supérieur au PIB des Pays-Bas » d'après M. Mijs.

Mais, selon le rapport d'Oliver Wyman, avec le cadre réglementaire actuellement en vigueur, pour atteindre ces 20%, les banques européennes auraient besoin de 150 milliards d'euros supplémentaires en capital CET1. Or, il suffirait d'une réduction de 1% des exigences en fonds propres de qualité optimale (CET1) pour libérer 95 milliards d'euros de capital qui pourraient servir à gager des investissements dans des infrastructures.

Les banques européennes ne réclament pas nécessairement une réduction des niveaux de fonds propres, qui ont atteint 16,2% fin 2025, un tel niveau garantissant la solidité du système. Certes, elles avancent le chiffre de 11% de capital CET1 préconisé par la Banque d'Angleterre pour le système bancaire britannique.

À travers le rapport qui reprend certaines recommandations formulées en septembre 2025 (EUROPE 13719/20), l'EBF préfère concentrer son attention sur une simplification réglementaire afin d'éviter les doublons et de donner plus de visibilité à moyen terme sur les exigences des superviseurs.

 Gonzalo Gasós, expert en supervision bancaire au sein d'EBF, a fait valoir qu'il existe, aux États-Unis, seulement trois réserves ('buffers') en fonds propres bancaires, alors qu'il y en a sept dans l'UE.

Une structure de fonds propres ('capital stack') plus simple et plus cohérente peut renforcer à la fois la résilience et la capacité de prêt, argumente en effet la FBE.

Voir le rapport d'Oliver Wymanhttps://aeur.eu/f/m9e (Mathieu Bion)

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