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Bulletin Quotidien Europe N° 13882
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POLITIQUES SECTORIELLES / CompÉtitivitÉ

Secteur de la construction navale - le Conseil de l'UE va demander des outils de défense contre la concurrence mondiale déloyale

Après la présentation par la Commission européenne, le 4 mars dernier, d’une nouvelle stratégie industrielle pour le secteur de la construction navale et du transport maritime en Europe, les ministres des Vingt-sept, réunis lundi 8 juin en formation 'Transports, Énergie et Télécommunications', seront invités à approuver des conclusions sur le sujet (EUROPE 13821/4).

Le document rappelle que l’UE est un « leader mondial dans la construction de navires complexes et de haute technologie ainsi que dans les technologies de pointe. Le secteur du transport maritime européen est un fournisseur majeur de services maritimes à l'échelle mondiale ».

Selon le texte, 97% de la flotte mondiale de navires de croisière est construite en Europe et les croisières représentent 80% de la valeur du carnet de commandes de navires commerciaux des chantiers navals européens. « De ce fait, les croisières sont essentielles au maintien et au renforcement des capacités européennes en matière de construction navale complexe et d'équipements maritimes au sein de l'ensemble maritime européen ».

Mais hormis le secteur des croisières, plus de 90% de la construction navale mondiale est aujourd’hui réalisée en Asie, principalement en Chine, en Corée du Sud et au Japon, et le secteur européen souffre aussi d’une concurrence mondiale déloyale et de pays tiers recevant notamment de forts subsides étatiques. Le Conseil de l’UE devrait ainsi exprimer sa « préoccupation quant aux distorsions commerciales et aux subventions injustes accordées par des pays tiers aux industries maritimes de l’UE, notamment les disparités de coûts liées aux prix de l’énergie, et appelle à étudier les options permettant de renforcer la protection de la base industrielle maritime de l’UE contre la concurrence déloyale, y compris par le biais des mécanismes de défense commerciale existants ».

Il devrait aussi appeler à privilégier les investissements pour réduire les dépendances stratégiques du secteur.

'Flotte fantôme'. La montée des menaces à la sécurité maritime et le risque important que représente la 'flotte fantôme' pour la sûreté et la sécurité maritimes, les infrastructures maritimes critiques et le milieu marin sont aussi mis en exergue dans les conclusions.

Le document insiste ainsi sur la nécessité pour l’UE de renforcer sa résilience, sa préparation et ses capacités de défense, notamment face aux menaces hybrides dans le domaine maritime et en améliorant la connaissance de la situation.

Il insiste aussi sur l’importance de protéger les infrastructures maritimes critiques et de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, notamment face à l’évolution des défis géopolitiques.

Le document évoque aussi la décarbonation du transport maritime, qui exige la participation active de tous les acteurs de la chaîne de valeur maritime, y compris les producteurs et fournisseurs de carburants, et souligne l’importance de garantir la disponibilité en temps voulu de carburants alternatifs sûrs et durables, en quantités suffisantes et à des prix compétitifs.

Le texte souligne encore l’importance d’utiliser les recettes du SEQE-UE à des fins liées au climat et invite les États membres à utiliser les recettes générées par l’inclusion du transport maritime dans le SEQE-UE pour soutenir la transition énergétique du secteur, notamment le renouvellement des flottes, la rénovation écologique, les services de transport maritime insulaire, les carburants alternatifs et les infrastructures énergétiques portuaires.

Lien vers les conclusions : https://aeur.eu/f/m72 (Solenn Paulic)

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