La Commission européenne a adopté, vendredi 5 juin, une communication sur les perspectives des quotas de pêche pour 2027. Elle souligne que « l’adaptation insuffisante de la capacité de pêche aux stocks halieutiques de certains segments de flotte, combinée avec une baisse des débarquements dans plusieurs bassins maritimes, continue de peser sur les revenus et compromet la rentabilité à long terme du secteur ».
Selon la Commission, la pression de pêche diminue et un nombre croissant de stocks atteint le niveau du rendement maximal durable (RMD). Toutefois, ces progrès ne se traduisent pas en une amélioration généralisée de l’état des stocks, la biomasse restant insuffisante dans plusieurs régions.
Sur le plan économique, la Commission dresse le constat d’une rentabilité structurellement sous tension. Malgré des performances positives dans certains segments, la baisse des débarquements, le vieillissement de la flotte et surtout la forte volatilité des prix des carburants fragilisent durablement le secteur.
La Commission avertit en particulier que la flambée des prix de l’énergie en 2026 pourrait réduire sensiblement la rentabilité de la flotte européenne avec des conséquences potentielles sur l’emploi et les communautés côtières. La transition énergétique est jugée trop lente.
Le document met également en évidence un déséquilibre persistant entre la capacité de pêche et les ressources disponibles. Malgré une réduction continue de la taille de la flotte, une part importante des segments demeure en situation de déséquilibre, tant sur le plan économique que biologique.
La Commission pointe en outre de graves difficultés dans la mise en œuvre de l’obligation de débarquement. Les audits révèlent la persistance de rejets illégaux et des capacités de contrôle insuffisantes au sein des États membres. Les outils actuels sont jugés insuffisants, ce qui conduit la Commission à miser sur de nouveaux dispositifs, notamment la surveillance électronique à distance à partir de 2028, afin de renforcer la conformité.
Les progrès vers le RMD restent très contrastés selon les bassins : amélioration globale, mais stagnation de la biomasse en Atlantique nord-est, situation encore fragile en Méditerranée, malgré des avancées partielles, et dégradation persistante en mer Baltique, liée en grande partie à des facteurs environnementaux.
Sur le plan international, la Commission souligne les difficultés croissantes dans la gestion des stocks partagés, en particulier s'agissant du maquereau. Les désaccords persistants entre l’UE et plusieurs États côtiers, dont la Norvège, continuent de compromettre la durabilité globale de ces pêcheries.
Pour 2027, la Commission fixe comme priorité la reconstitution des stocks, à travers la fixation des quotas sur la base des avis scientifiques, l’accélération des trajectoires de reconstitution, le renforcement de la coopération internationale, l’amélioration du contrôle et de la lutte contre les rejets, ainsi que le soutien à la transition énergétique et à la modernisation des flottes.
Lien vers la communication :https://aeur.eu/f/m70 (Lionel Changeur)