Au cours de leur réunion informelle en vidéoconférence, vendredi 5 juin, les ministres européens de la Santé ont estimé que l’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique centrale présente un risque faible pour l’Union européenne, mais sont convenus de poursuivre une surveillance soutenue de la situation et de maintenir une coordination importante entre les États membres, les institutions européennes et les organisations internationales.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pris la décision, le 17 mai, de qualifier l’épidémie en République démocratique du Congo et en Ouganda d’« urgence sanitaire de préoccupation internationale ».
Selon le ministre chypriote de la Santé, Neophytos Charalambides, qui présidait les échanges et s’est exprimé lors de la conférence de presse conclusive, cette situation rappelle que « les maladies infectieuses nécessitent une action coordonnée » et que les menaces sanitaires peuvent rapidement prendre une dimension internationale.
En ce sens, la Présidence chypriote du Conseil de l’UE a activé le dispositif intégré de l'UE pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise (en anglais, 'the integrated political crisis response', IPCR) à partir du 1er juin. Celui-ci doit permettre un suivi de la situation et complète les travaux du Comité de sécurité sanitaire, de la Commission européenne et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), notamment pour faciliter les échanges d’informations entre les États membres.
Plus de vigilance, mais pas de restrictions supplémentaires. Aussi, les discussions ont permis aux ministres de présenter leurs évaluations nationales et les mesures de préparation déjà engagées. D’après Neophytos Charalambides, un large consensus s’est dégagé quant à la poursuite du partage d’informations, à un suivi attentif de l’évolution de l’épidémie et au maintien d’une coopération approfondie avec l’OMS et l’ECDC.
En outre, les ministres se sont accordés sur le fait que la réponse internationale devait être renforcée dans les régions touchées afin de contenir la maladie au plus près de son foyer.
Toujours au cours de la conférence de presse, le commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal, Olivér Várhelyi, a rappelé que l’Union européenne était aujourd’hui mieux préparée à répondre à ce type de menace sanitaire grâce aux réformes engagées après la pandémie de Covid-19. Il a également rappelé que les mandats de l’Agence européenne des médicaments, de l’ECDC et du Comité de sécurité sanitaire avaient été renforcés.
Par ailleurs, il a été affirmé que la Commission européenne coordonnait actuellement les travaux d’évaluation par l’intermédiaire du Comité de sécurité sanitaire, qui a adopté le 22 mai des recommandations portant notamment sur l’information des voyageurs, les contrôles à la sortie des zones affectées, les protocoles de prévention des infections, la préparation des infrastructures de santé et la formation des professionnels concernés.
L’Union européenne a déjà mobilisé 15 millions d’euros d’aide d’urgence et poursuit son soutien aux systèmes de santé africains par l’intermédiaire de programmes régionaux plus larges.
Par ailleurs, Olivér Várhelyi a indiqué que des travaux étaient en cours avec l’Agence européenne des médicaments et plusieurs partenaires internationaux afin d’accélérer la recherche sur un vaccin contre la souche actuellement en circulation.
Interrogés sur un courrier adressé récemment par les États-Unis aux États membres au sujet d’éventuelles mesures supplémentaires concernant les voyages, les responsables européens ont réitéré leur confiance dans les recommandations de l’OMS et de l’ECDC. Ainsi, Neophytos Charalambides a rappelé que les recommandations actuelles ne préconisent pas de restrictions de voyage.
Et Olivér Várhelyi de préciser que les contrôles réalisés avant l’embarquement dans les pays touchés étaient suffisants pour prévenir une propagation du virus vers l’Europe.
Un nouveau point de situation est attendu lors du Conseil ‘EPSCO’ (Emploi, politique sociale, santé et consommateurs) qui se tiendra à Luxembourg le 16 juin prochain. (Nithya Paquiry)