« Les investissements pour le climat ont atteint 534 milliards d’euros en 2025, couvrant seulement 61% des besoins annuels pour atteindre les objectifs 2030 de l’UE », selon l'état des lieux 2026 des investissements pour le climat en Europe de l'institut I4CE, publié vendredi 5 juin. Des investissements qui stagnent depuis 2023, « reflétant un manque général de planification à long terme », selon le rapport.
Les chiffres montrent que les investissements pour le climat marquent des fluctuations depuis 2022, passant de 518 milliards d'euros en 2022 à 535 milliards en 2023, puis 522 milliards en 2024, pour atteindre 534 milliards en 2025.
Les crises énergétiques, motifs d'investissements pour le climat. En 2022, suite à la crise énergétique due à la guerre en Ukraine, « les décideurs publics, les entreprises et les citoyens avaient choisi d’investir davantage dans la transition énergétique ».
Un élan qui n'a pas perduré, puisqu'en 2025, le déficit d'investissements pour atteindre les objectifs climatiques d'ici 2030 était de 344 milliards d'euros. Cependant, I4CE souligne que « les premiers mois de 2026 montrent une hausse des investissements dans certains secteurs, suggérant que l’économie européenne pourrait de nouveau accélérer ses investissements en réponse à la crise énergétique actuelle ».
Des investissements inégaux. Les investissements pour le climat ne sont pas équivalents dans tous les secteurs. Depuis 2023, les investissements dans les transports routiers bas carbone sont les seuls à avoir augmenté (+23% en 2025).
Par conséquent, les progrès sont inégaux selon les secteurs. « Les investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire ont baissé de 9% » en 2025.
I4CE souligne que le solaire, le stockage par batteries, les bornes de recharge et la fabrication de technologies propres ('cleantech') « sont en bonne voie pour atteindre leurs objectifs 2030 », tandis que l'éolien, les réseaux électriques et la rénovation des bâtiments sont en retard en raison d'un sous-financement, « dans un contexte de recul mondial des investissements dans la production de technologies propres ».
Le rapport d'I4CE conclut que « pour atteindre les objectifs 2030 et 2040, l’UE et ses États membres doivent aller au-delà d’une logique d’investissements dictée par les crises et s’engager dans des stratégies d’investissement de long terme offrant des signaux clairs et stables aux investisseurs, entreprises et citoyens ».
Lire l'état des lieux : https://aeur.eu/f/m7h (Nadège Delépine)