Les ministres de la Défense des pays de l’UE se retrouveront, dimanche 7 et lundi 8 juin, pour une réunion informelle à Nicosie (Chypre), pour discuter du soutien de l’UE à l’Ukraine, de la sécurité maritime et de la future stratégie de sécurité européenne. Un agenda semblable à celui de leurs homologues des Affaires étrangères, qui s'étaient réunis les 27 et 28 mai à Limassol.
Les ministres se pencheront sur le soutien militaire à l’Ukraine, en particulier sur la mobilisation des fonds de la 'Facilité européenne pour la paix', soit 6,6 milliards d’euros. La Hongrie aurait levé son veto, après près de trois ans, sur le remboursement aux États membres du matériel envoyé à l’Ukraine.
Lors du Conseil de la Défense du 12 mai, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, avait annoncé que des propositions seraient formulées, car « les États membres ont, bien entendu, des idées différentes sur la manière de mobiliser » les fonds, certains États membres préconisant le recours à la Facilité pour les remboursements, comme initialement prévu, et d’autres estimant qu'il fallait davantage envisager l'avenir. De plus, selon des sources, certains fonds ne seraient pas facilement disponibles, car certains États membres ont attribué les fonds de leur contribution à la 'Facilité européenne pour la paix' destinés à l’Ukraine, à d’autres postes de dépenses, en raison du blocage de longue date hongrois.
Les ministres discuteront ensuite de la sécurité maritime – priorité de la Présidence chypriote du Conseil de l’UE. Ils devraient s’entretenir à propos de la contribution que les Européens pourraient apporter, quand les conditions le permettront, à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. L’UE, notamment la mission ASPIDES, en mer Rouge.
La lutte contre la 'flotte fantôme' russe fera aussi l'objet de discussions, quelques jours après un nouvel arraisonnement d’un navire de la flotte par la Marine française (EUROPE 13878/22).
Au-delà des sanctions adoptées, l’UE pourrait utiliser sa mission en Méditerranée EUNAVFOR Med Irini, dont le mandat, modifié en mars 2025 (EUROPE 13598/31), pourrait aider dans la lutte contre la 'flotte fantôme'. L’opération peut mener, au titre de tâche secondaire, des activités de suivi et de surveillance et recueillir des informations sur les activités illicites autres que le trafic d'armes et les exportations illicites de pétrole en provenance de Libye.
Les ministres débattront ensuite de la future stratégie européenne de sécurité, avec une référence particulière aux développements dans le contexte stratégique actuel. Dans ce cadre, ils pourraient débattre de la mise en œuvre de l’article 42.7 d'assistance mutuelle.
Face à la recrudescence des violations des espaces aériens des États membres de l’UE, en particulier par des drones, l’état de préparation de la défense de l’UE sera également abordé. (Camille-Cerise Gessant)