Dans son rapport annuel sur la liberté de la presse dans l’Union européenne, publié mardi 28 avril, la Civil Liberties Union for Europe dresse un constat préoccupant, décrivant un paysage médiatique « plus concentré, moins transparent et moins digne de confiance ».
Malgré l'entrée en vigueur du règlement européen sur la liberté des médias (European Media Freedom Act - EMFA), la tendance est restée largement négative en 2025. Le rapport souligne une concentration médiatique alarmante, notamment en France, où elle reste aux mains de « quelques milliardaires », et en Allemagne, où l’acquisition du groupe audiovisuel ProSiebenSat.1 par le groupe italien MFE fait craindre une dérive populiste.
Sur le terrain, la sécurité des journalistes a atteint un « point de crise », avec un record de 377 violations graves recensées. Ils subissent également l'hostilité croissante des dirigeants politiques, notamment à Malte et en Roumanie, où ils ont été qualifiés de « forces des ténèbres » ou de « machines de propagande étrangère ». Un phénomène que l'ONG interprète comme une tentative d'« affaiblir l'État de droit ».
En outre, les experts déplorent que les recommandations de la Commission européenne soient « systématiquement ignorées ». Treize des seize recommandations émises en 2025 sont répétées chaque année depuis 2022, révélant « un manque de volonté de la part des États membres ».
En réaction, l’ONG exhorte l’UE à instaurer un cadre plus contraignant en engageant des « procédures d'infraction là où l'inaction le justifie ». Elle préconise également de soumettre les financements du futur Fonds européen de compétitivité au respect de garde-fous garantissant strictement « l'indépendance éditoriale » des médias nationaux.
Le rapport complet : https://aeur.eu/f/lqy (Justine Manaud)