S’attaquer aux coûts de l’énergie, réduire les dépendances de l’UE dans les approvisionnements en matériaux critiques, mettre en place au plus vite un « 28e régime » pour les entreprises innovantes, mais aussi faire tomber les barrières existantes dans le marché intérieur, notamment en poursuivant la simplification réglementaire qui ne va pas assez vite, pour certains.
Telles sont quelques-unes des pistes d’action réitérées jeudi 26 février à Bruxelles par les ministres des États membres chargés de la Compétitivité dans le cadre de leur débat sur le dernier rapport annuel de la Commission sur le marché unique et la compétitivité (EUROPE 13798/2).
Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle, a notamment estimé qu’en ces temps géopolitiques troublés, « le marché intérieur est une valeur refuge ». Et les remèdes sont connus pour le renforcer, entre politique industrielle, politique de diversification commerciale et politique d’investissement ambitieuse, a-t-il cité. Concernant la simplification, il faut aussi « travailler sur la législation nationale de manière coordonnée » avec une même méthode entre les pays membres.
« La compétitivité repose sur un marché unique fort et performant, exempt de barrières injustifiées, garantissant une application effective de la réglementation et offrant un cadre prévisible aux entreprises comme aux consommateurs », a aussi résumé, à l’issue de la journée, le ministre chypriote de l’Énergie, du Commerce et de l’Industrie, Michael Damianos. « Renforcer la compétitivité de l’Europe et achever le marché unique exige de consolider nos atouts internes, de libérer de nouvelles sources de croissance et de réduire les dépendances stratégiques. (...) Un volet essentiel de cet effort consiste à renforcer les PME », a encore dit le ministre.
Fonds pour la compétitivité. S’agissant des PME, les ministres étaient justement invités par la Présidence chypriote du Conseil de l’UE à se pencher sur le soutien du nouveau Fonds européen pour la compétitivité aux PME.
Lors d’un débat public, plusieurs pays ont insisté sur la nécessité d’une couverture géographique complète et sur des critères de sélection des projets financés basés sur l’impact et la qualité.
Le ministre lituanien, Edvinas Grikšas, avait ainsi demandé, en arrivant à la réunion, de prendre en compte les pays de l’Est de l’UE frontaliers de la Russie et ayant de ce fait plus de dépenses et de difficultés.
La Suède, avec un certain nombre de pays (l'Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Espagne), a aussi plaidé, dans une note informelle, en faveur de critères stricts pour sélectionner uniquement les projets de qualité ayant un impact et un vrai potentiel d’innovation. Paris a suivi, en demandant que le Fonds ne se destine qu’à des priorités technologiques à l’ambition mondiale et ne se perde pas « en un nombre d’infini d’enjeux ».
Le ministre délégué français, Sébastien Martin, a appelé à bien prendre en compte les PME et les établissements de taille intermédiaire.
Il ne veut pas non plus réitérer l’échec du Plan de relance européen, dont « près de 10% des fonds sont allés à des industries chinoises ».
Pour la Finlande, le Fonds devrait cibler des domaines comme la technologie quantique, les microprocesseurs, la 6G ou les solutions biosourcées.
Quant à Berlin, le Fonds européen pour la compétitivité devra répondre à cinq conditions : - une réelle valeur ajoutée européenne, et non une solution « pour seulement remédier à la pénurie de budgets nationaux » ; - créer plus de croissance en Europe ; - favoriser toujours plus l’innovation ; - faciliter l’accès des PME ; - soutenir les meilleurs projets possible ; - mobiliser davantage les capitaux privés, a résumé le secrétaire d’État Thomas Steffen.
Lien vers la note informelle sur l'ECF : https://aeur.eu/f/kxs (Solenn Paulic)