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Bulletin Quotidien Europe N° 13817
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

Chypre propose la création d'un Centre européen d'excellence clinique pour les produits pharmaceutiques

La Présidence chypriote du Conseil de l’UE a proposé, jeudi 26 février, à l’occasion de la réunion informelle des ministres européens de la Santé à Nicosie, la création d'un Centre européen d'excellence clinique, un outil non obligatoire, pour les produits pharmaceutiques.

Ce Conseil aurait pour objectif d’« améliorer la transparence, la qualité des décisions et la cohérence des systèmes de santé européens », a expliqué le ministre chypriote de la Santé, Neophytos Charalambides. Il devrait renforcer la confiance dans les évaluations cliniques, favoriser une prise de décision cohérente et de qualité et consolider le rôle de l'UE dans la politique pharmaceutique mondiale, tout en jetant les bases d'un système de santé européen plus cohérent et centré sur le patient, a précisé la Présidence chypriote du Conseil de l’UE dans un communiqué.

« Les États membres ont reconnu la nécessité d'une coordination scientifique renforcée au niveau de l'UE (...) et souligné que les compétences nationales en matière de tarification, de remboursement et d'organisation des soins de santé, ainsi que la souveraineté des États membres, doivent être pleinement respectées », a expliqué Neophytos Charalambides. Il a ajouté que certaines délégations avaient estimé que l'efficacité du Centre dépendrait d'un modèle de gouvernance clair, de son indépendance et d'une définition précise des responsabilités afin d'éviter tout chevauchement avec les autres organismes de santé.

Saluant, selon M. Charalambides, la proposition, les ministres ont invité à des consultations techniques complémentaires afin de préciser le mandat et la structure du Centre.

Les ministres ont également discuté de la santé mentale et de l'inclusion, en particulier chez les jeunes. Ils ont souligné la nécessité d'intégrer l'inclusion dans les stratégies nationales de santé mentale et de renforcer la coopération au niveau de l'UE afin de lutter contre les inégalités et d'améliorer les résultats.

Enfin, ils ont discuté de la mise en œuvre du règlement relatif à l'espace européen des données de santé. « Les ministres se sont largement accordés sur le potentiel transformateur de l'Espace européen des données de santé pour la prestation de soins, la recherche et la santé publique, en permettant une utilisation transfrontalière sécurisée, interopérable et fiable des données de santé », a souligné M. Charalambides. Une gouvernance efficace, des dispositifs adaptés, notamment la désignation claire d'autorités nationales, et une participation active au Conseil de l'Espace européen des données de santé ont été jugés essentiels.

Les ministres ont souligné que le financement durable, les lacunes en matière d'infrastructures numériques, la pénurie d'expertise spécialisée et la complexité de la coordination des multiples parties prenantes au niveau national étaient des défis. Selon M. Charalambides, de nombreux pays ont appelé à un renforcement de la coordination européenne, à une assistance technique, au renforcement des capacités et à un soutien financier afin de garantir un équilibre et une mise en œuvre efficace dans toute l'Union.

Les ministres ont en outre insisté sur la nécessité d'adopter rapidement les actes de mise en œuvre et les actes délégués, des normes techniques claires et des orientations pratiques afin de garantir la sécurité juridique et d'éviter la fragmentation. « Nous allons présenter tous les règlements d'application nécessaires au plein fonctionnement de l'espace européen des données de santé. Cela se fera cette année », a promis le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi.

Le commissaire a aussi appelé à la finalisation du paquet pharmaceutique, espérant que « la Présidence exercera une forte pression pour que ce paquet soit enfin finalisé et adopté ».

Il a aussi plaidé pour des progrès sur la législation sur les médicaments critiques, tout comme sur la réforme des dispositifs médicaux et la législation sur les biotechnologies. « Toutes ces propositions nécessiteront également du temps pour leur mise en œuvre. Nous devrons encore les soumettre au Parlement européen. Il n'y a donc vraiment pas de temps à perdre et j'espère que la Présidence fera tout son possible pour nous permettre de finaliser ces dossiers avec la Présidence irlandaise d'ici la fin de l'année », a ajouté M. Várhelyi. (Camille-Cerise Gessant)

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