Réunis jeudi 26 février pour leur premier dialogue monétaire trimestriel de 2026 avec la Présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, les eurodéputés de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont centré leurs échanges sur la trajectoire de la politique monétaire de la zone euro, dans un contexte d’incertitude géopolitique et économique accrue
Mme Lagarde a estimé que l’inflation avait été maîtrisée grâce à une réponse « décisive » de la BCE (EUROPE 13802/21), en reconnaissant toutefois un décalage persistant entre la perception des ménages et l’évolution effective des prix, susceptible d’affecter les décisions économiques et la confiance dans les institutions. La Présidente a rappelé que l’institut de Francfort ne se préengagerait sur aucune trajectoire déterminée des taux d’intérêt, réaffirmant une approche dépendante des données.
Les eurodéputés ont interrogé la Présidente sur les effets potentiels des orientations américaines - tant budgétaires que monétaires - et de la faiblesse du dollar sur l’inflation en zone euro ainsi que sur les interactions possibles entre la politique de la Réserve fédérale américaine et celle de la BCE. L’impact de l’intelligence artificielle sur la dynamique des prix et la traduction des chocs géopolitiques en décisions monétaires ont également été abordés.
Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’état d’avancement du projet d’euro numérique, notamment les infrastructures encore nécessaires et les modalités de distribution ainsi que l’interprétation du soutien public.
Enfin, des questions ont été soulevées concernant les divergences de croissance au sein de l’UE, la prise en compte du logement dans l’inflation, les effets d’accords commerciaux tels que celui avec le Mercosur et les leviers d’intégration communautaire des marchés pour réduire la fragmentation. (Bernard Denuit)