login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13817
Sommaire Publication complète Par article 23 / 31
ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Les Kurdes appellent l’UE à surveiller la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu

La représentante pour les affaires étrangères de l'administration du Nord-Est de la Syrie-Rojava, Ilham Ahmed, a appelé l’UE, mercredi 25 février, à surveiller la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu passé entre les Kurdes et le gouvernement syrien le 19 janvier dernier (EUROPE 13790/24).

« Nous avons besoin d'un comité international, notamment européen, sur le terrain, qui assure un suivi rigoureux de la mise en œuvre afin de prévenir toute attaque contre la région et de garantir une application saine de l'accord », a-t-elle expliqué à Agence Europe. Un des éléments de l'accord porte sur l’intégration des forces armées kurdes dans l’armée syrienne, qui « se heurte encore à des difficultés », a expliqué Ilham Ahmed lors d’une audition au PE organisée par l'eurodéputée Evin Incir (S&D, suédoise).

Quatre brigades sont prévues, ce qui « signifie qu'un tiers de nos forces de sécurité ne seront pas intégrées dans la nouvelle armée. (...) Ceux qui ont combattu Daech ne rentreront pas chez eux ». De plus, selon elle, la menace de Daesh persiste et il y a un risque élevé d'une nouvelle attaque contre la région. 

Interrogée sur l’évasion de prisonniers de Daesh de camps surveillés par les Kurdes, Ilham Ahmed, a expliqué que face à l'intensité des attaques de l'armée syrienne ils avaient dû retirer leurs forces des camps, remettant les camps à l'armée. Selon elle, c'est ensuite que « l'armée a laissé des membres de Daesh s'échapper ».

Rohilat Afrin, commandante générale des Unités de protection des femmes (YPJ), a précisé que les femmes des forces de défense ne savaient pas quel avenir leur était réservé. Et d'ajouter : « Les YPJ ne se limitent pas aux activités militaires, mais constituent également une organisation qui défend la liberté des femmes. L'UE peut jouer un rôle crucial pour nous soutenir ».

De manière plus générale, les deux responsables kurdes se sont inquiétées de l'avenir des femmes en Syrie. « Elles ont protégé et défendu la société, mais elles se heurtent aujourd'hui à une mentalité rétrograde qui nie l'existence et les droits des Kurdes », a prévenu Rohilat Afrin, appelant au soutien international pour la protection et l'émancipation des femmes, alors que « le gouvernement de transition ne leur accorde aucune place ». « On empêche les femmes d'accéder aux postes de décision, et l'avenir n'est pas prometteur pour elles, à tous les niveaux », a ajouté Ilham Ahmed. 

La représentante politique a également plaidé pour un soutien à l'élaboration d'une nouvelle constitution garantissant les droits des Kurdes et des autres communautés de la région, souhaitant aussi que les Kurdes soient associés à la rédaction de la Constitution et fassent partie du gouvernement. 

Après des rencontres au Service européen pour l’action extérieure et le Parlement européen, Ilham Ahmed a expliqué que les Européens avaient « seulement dit qu'ils essaieraient de nous soutenir, mais sans engagement concret ». Elle a aussi regretté que l’UE ait ignoré les Kurdes auparavant. « Un tiers de la Syrie est sous notre contrôle ; nous avons un système démocratique, mais l'UE ne nous a jamais invités ni proposé de dialogue pour un accord sur l'avenir de la Syrie. Peut-être qu'ils pourraient maintenant conclure un accord avec nous », a-t-elle plaidé. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES