login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13798
POLITIQUES SECTORIELLES / MarchÉ intÉrieur

La Commission européenne fait état de progrès encore limités dans l'intégration du marché unique et le renforcement de la compétitivité en 2025

Malgré des signaux positifs, les mesures visant à renforcer la compétitivité de l’Union européenne ont encore besoin de temps pour produire des résultats concrets, a conclu la Commission européenne en publiant, vendredi 30 janvier, son nouveau rapport annuel sur le ‘marché intérieur et la compétitivité’.

Ce rapport annuel dresse un bilan du fonctionnement du marché unique et de la compétitivité de l'UE et analyse les principaux moteurs de la compétitivité européenne, sur la base de 29 indicateurs de performance.

Le rapport, qui intervient un an après la présentation de la ‘Boussole de la compétitivité’ (EUROPE 13568/1, 13565/1), démontre que, sur ces 29 critères, « six montrent une nette amélioration, six une nette détérioration par rapport à l'année dernière, 15 restent globalement inchangés, et pour deux d'entre eux, il n'existe pas encore de deuxième observation permettant d'évaluer la tendance ».

Parmi les enseignements, le rapport indique que l'intégration du marché unique a « atteint un plateau et la plupart des indicateurs relatifs aux obstacles (sur le marché intérieur) montrent des progrès limités ».

En revanche, les efforts de l'UE pour réduire la charge administrative pesant sur les entreprises et les administrations commencent à porter leurs fruits, et la Commission évalue à 15 milliards d’euros les gains que les initiatives de simplification réglementaires dégageront pour 2025.

Toutefois, sur une autre note négative, « les dépenses de recherche et développement restent inférieures à l'objectif de 3% du PIB et sont trop faibles pour combler le déficit d'innovation ». L'investissement privé a diminué, tandis que l'investissement en capital-risque reste inférieur à celui des concurrents internationaux.

Le développement des énergies renouvelables se poursuit et commence à faire baisser les prix dans certaines régions, mais le niveau global des prix de l'énergie demeure élevé. « Les dépendances stratégiques de l’UE restent par ailleurs élevées », constate l'institution européenne.

La Commission note encore que « la fragmentation des réglementations nationales continue de rendre complexes et coûteuses la création et la gestion d’entreprises dans l’UE, sans progrès à ce jour ».

La perception de la facilité de mise en conformité réglementaire est restée globalement stable dans l’UE ces dernières années, « ce qui montre également que l’établissement d’une présence permanente dans un autre État membre demeure complexe, notamment parce que les entreprises doivent évaluer et se conformer au droit des sociétés nationales de chaque État membre ».

La performance de la surveillance du marché de l’UE reste aussi insuffisante, dit encore la Commission. « Malgré une légère augmentation du nombre d’enquêtes, les autorités nationales indiquent que seulement 102 colis sont contrôlés par million d’habitants. Parallèlement, la croissance exponentielle des importations du commerce électronique, atteignant 4,6 milliards d'envois de faible valeur en 2024, exerce une pression sur les douanes et les autorités de surveillance du marché et pose un défi majeur en matière de contrôle de la conformité et de sécurité ».

Autre volet analysé : la libre prestation de services. Malgré les efforts déployés pour supprimer les restrictions, « le niveau de restriction des services est resté stable ces dernières années et mérite un nouvel élan politique », estime la Commission.

Le détachement temporaire de travailleurs, par exemple, reste encore trop complexe pour les entreprises, conclut encore le rapport. Et des procédures longues et complexes de reconnaissance des compétences et des qualifications peuvent empêcher les citoyens de l’UE d’exercer leur profession dans d’autres États membres.

Autre bémol : l’adoption des technologies numériques progresse, mais trop lentement. « La part des entreprises de l’UE utilisant l’intelligence artificielle, le cloud computing et l’analyse de données a connu une croissance significative en 2025, mais plus lente que dans les économies concurrentes et loin d’atteindre l’objectif de 75% d’adoption d’ici 2030 ».

La Commission promet, pour 2026, de continuer à travailler sur les différentes barrières sur le marché intérieur, en se concentrant notamment sur les retards de paiement et les obstacles dans les services de construction et d'installation liés à la transition écologique.

Kristalina Georgieva invitée au séminaire des commissaires européens le 4 février. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a invité la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, à participer au prochain séminaire du Collège des commissaires, consacré à la compétitivité européenne, a indiqué l'institution de l'UE le même jour, dans un communiqué. 

Ce séminaire, qui se tiendra mercredi 4 février, « offrira l'occasion d'un débat stratégique approfondi sur le renforcement de la compétitivité de l'Union européenne dans un contexte mondial en pleine mutation ».

Ces échanges contribueront à la préparation de la 'Retraite' informelle des dirigeants de l'UE, jeudi 12 février.

Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/khj (Solenn Paulic)

Sommaire

SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
BRÈVES
CORRIGENDUM