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Bulletin Quotidien Europe N° 13805
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / DÉfense

Les députés européens plaident pour le renforcement de la défense européenne, tant au niveau industriel que sur le terrain

Dans la situation géopolitique actuelle - invasion russe de l’Ukraine, relations transatlantiques compliquées -, les députés européens ont souligné, mardi 10 février, l’importance de renforcer la défense européenne.

Tout comme le commissaire à la Défense, Andrius Kubilius, les députés ont plaidé pour le développement de l’industrie de la défense. « Il faut nous doter de moyens qui nous permettent, si et quand cela est nécessaire, d’agir seuls. Il faut que l’on mette en place une sécurité et une défense communes. Quand la crise aura frappé, il ne faudra pas que la solidarité se traduise en vœux pieux, mais qu'elle soit une réalité », a prévenu Yannis Maniatis (S&D, grec). « Le secrétaire général de l’OTAN a dit qu’il était utopique que l’Europe se défende toute seule. Au contraire, il est naturel que nous continuions ainsi, en augmentant les dépenses », a-t-il ajouté (EUROPE 13794/18).

Selon Jordan Bardella (PfE, français), l’urgence est « dans notre capacité à produire ce qui garantit et garantira demain notre sécurité. On doit instaurer une véritable préférence européenne en matière de défense, car une nation qui ne maitrise pas ses armes dépend tôt ou tard de ceux qui les fabriquent ».

« Il faut s’appuyer sur les capacités de l’industrie civile ; la défense, ce n’est pas uniquement une production militaire, mais un écosystème industriel tout entier qui doit être impliqué », a expliqué Reinis Pozņaks (CRE, letton). Et d’ajouter : « Tous les matériels critiques ne peuvent pas être identifiés et fournis depuis l’Europe ; ainsi, nous avons besoin de nos partenaires stratégiques pour atténuer les risques dans les chaines d’approvisionnement, l’industrie et la sécurité ». 

Le commissaire européen a rappelé que l’industrie de la défense européenne devait augmenter son potentiel et sa capacité de production. « Tel est l'objectif de notre préparation en matière de défense : plus de puissance de production, plus d'innovation, une dissuasion plus forte », a-t-il résumé, rappelant que le renforcement de la défense profitera également à la compétitivité de l’Europe, si les Européens agissent de manière unie.

Au-delà de l’industrie, plusieurs députés ont insisté sur les ressources humaines. « Nous pouvons avoir un quartier général européen, une chaîne de commandement et de contrôle européenne, une chaîne militaire intégrée, et nous serons capables de prendre nos propres décisions », a estimé Nicolás Pascual de la Parte (PPE, espagnol).

Selon Mārtiņš Staķis (Verts/ALE, letton), les Européens doivent avoir « une défense qui (leur) permette d'être autonomes ». « On doit commencer par se lancer dans une force de réaction rapide de 100 000 soldats pleinement alignés avec l'OTAN ; non pas parce que nous voulons nous débrouiller tout seuls, mais parce que l’on doit se tenir prêts » à remplacer, si besoin, les 80 000 soldats américains déployés en Europe, a-t-il ajouté (EUROPE 13802/6).

Jordan Bardella, pour sa part, s’est opposé à une armée européenne. Le constat de faiblesse « ne peut servir de prétexte à la création d’une armée européenne. Une armée est l’expression de la souveraineté nationale », a-t-il déclaré. (Camille-Cerise Gessant)

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