La commissaire européenne à l’Égalité, la Préparation et la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a insisté, mardi 10 février en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg, sur la nécessité d’une issue politique au conflit soudanais. Mme Lahbib a rappelé la volonté de l’UE de maintenir une pression internationale coordonnée en faveur d’un cessez-le-feu, d’une transition civile et de la poursuite des auteurs d’exactions.
En outre, la commissaire a assuré que l’Union n’hésiterait pas à recourir à de nouvelles mesures restrictives et à maintenir ses efforts diplomatiques, notamment à l'occasion de prochains rendez-vous politiques de haut niveau.
Au nom des chrétiens-démocrates, l'eurodéputée Ingeborg ter Laak (PPE, néerlandaise) a décrit « une guerre oubliée », marquée par l’utilisation systématique de la faim et des violences sexuelles comme armes. Elle a dénoncé les pays tiers qui continuent d’alimenter le conflit en armements et a appelé l’Europe à prendre toute sa place dans les négociations de paix afin de garantir l’accès humanitaire et d'offrir une perspective d’avenir aux enfants soudanais.
Pour les sociaux-démocrates, Marit Maij (S&D, néerlandaise) a fustigé la brutalité des Forces de soutien rapide (FSR) et jugé insuffisante la réponse européenne, reprochant à la Commission européenne de se limiter à « surveiller la situation ». L'élue a demandé l’ouverture d’une enquête en vue d’une éventuelle inscription des FSR sur la liste des organisations terroristes et la saisine du Conseil des Affaires étrangères.
Adam Bielan (CRE, polonais), au nom des Conservateurs et réformistes européens, a évoqué une guerre d’usure marquée par des crimes contre les civils et par des persécutions religieuses croissantes visant les chrétiens. Il a appelé à étendre les mesures restrictives et à traduire en justice les responsables.
Au nom de Renew Europe, Jan-Christoph Oetjen (allemand) a rappelé l’ampleur sans précédent de la crise des déplacements et plaidé pour un renforcement de l’aide humanitaire, assorti d’une pression diplomatique accrue et de sanctions ciblées contre ceux qui entravent l’accès à l’aide.
Pour les 'Verts/ALE', Nela Riehl (allemande) a dénoncé une « guerre par procuration » et appelé à désigner les FSR comme organisation terroriste afin de placer la protection des civils au cœur de l’action européenne.
Ilaria Salis (italienne), pour La Gauche, a dénoncé une guerre alimentée par le trafic d’or et les livraisons d’armes, réclamant l’arrêt des ventes d’armes à toutes les parties et l’extension de l’embargo à l’ensemble du Soudan.
Aucun eurodéputé du groupe Patriotes pour l'Europe (PfE) n'a pas pris la parole durant le débat.
Jeudi 27 novembre dernier, le PE avait adopté une résolution ouvrant la voie à une possible inscription, par l'UE, des Forces de soutien rapide comme organisation terroriste (EUROPE 13761/18). (Bernard Denuit)