À l'heure où la question de la protection des mineurs en ligne est devenue un sujet politique central dans de nombreux pays de l'Union, la Commission européenne a dévoilé, mardi 10 février, son nouveau plan pour s'attaquer au cyberharcèlement visant à coordonner les approches européennes, offrir une plateforme unique de signalement et miser sur la prévention et l'éducation.
Selon l'OMS, le cyberharcèlement touche environ 15% des adolescents, un chiffre en hausse depuis 2018 ; les filles seraient particulièrement vulnérables. Toujours selon l'OMS, Instagram et Snapchat seraient les principaux canaux de ce cyberharcèlement, au regard de leur popularité auprès des plus jeunes.
La Commission européenne propose de mettre en place une application pour signaler les cas de cyberharcèlement à une ligne d'assistance nationale. L'application devrait aussi « permettre aux plus jeunes de bénéficier d'un soutien et de stocker et d'envoyer des preuves » de leur cyberharcèlement.
La Commission doit élaborer un modèle sur lequel les pays membres pourront ensuite se greffer et adapter en fonction des services nationaux. À ce stade, l'application n'est pas obligatoire, et les détails techniques du « soutien » qu'elle pourrait procurer ne sont pas spécifiés.
Dans le plan d'action, la Commission annonce également qu'un « groupe d'experts en protection de l'enfance serait chargé de la conseiller d'ici cet été sur les restrictions d'âge pour les réseaux sociaux à l'échelle européenne ».
Une annonce qui avait déjà été faite par la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en septembre dernier, mais dont la constitution avait pris beaucoup plus de temps que prévu (EUROPE 13716/7).
Le plan d'action souligne que le groupe d'experts « ouvrira la voie à une approche européenne coordonnée, potentiellement législative, en matière de seuils d'âge », et comprendra des conseils sur les campagnes de sensibilisation et sur la manière dont les parents peuvent contrôler l'accès de leurs enfants aux réseaux sociaux.
La Commission dit faire de la protection des mineurs en ligne « une priorité » : un mécanisme de vérification de l'âge en ligne est déjà en phase de test dans plusieurs pays de l'Union, dont la France (EUROPE 13680/15).
Le DSA est également cité comme un outil potentiel pour renforcer la sécurité des mineurs en ligne. La Commission affirme que la révision des lignes directrices sur la protection des mineurs en ligne, prévue pour cette année, pourrait intégrer des mentions sur les meilleurs moyens de lutter contre le cyberharcèlement sur les plateformes.
Voir le plan d'action : https://aeur.eu/f/knz (Isalia Stieffatre)