Dans une lettre qui sera adressée mercredi 11 février à Magnus Brunner, commissaire chargé des Affaires intérieures et de la migration, les principaux acteurs du secteur aérien européen (ACI EUROPE, A4E et IATA) demanderont à la Commission d'autoriser les États membres à suspendre partiellement ou totalement le système d'entrée/sortie (Entry/Exit System - EES) jusque fin octobre 2026, pour préserver « la réputation de l'Europe comme destination touristique ». Les signataires alertent en effet sur un risque de paralysie majeure des aéroports cet été, en raison des dysfonctionnements liés au système.
Actuellement, l'obligation d'enregistrer 35% des ressortissants de pays tiers génère déjà des attentes de deux heures, estiment les aéroports. Or, les entreprises aériennes avertissent que, sans mesures de flexibilité, ces délais pourraient atteindre quatre heures en juillet et août. Elles mettent en cause trois failles critiques : un sous-effectif chronique aux frontières, des problèmes technologiques persistants et la faible adoption de l'application de pré-enregistrement de Frontex.
« Il existe un décalage total entre la perception des institutions européennes, qui estiment que l'EES fonctionne bien, et la réalité, à savoir que les voyageurs non européens subissent des retards et des désagréments considérables », ont dénoncé les dirigeants des trois organisations dans un communiqué. (Justine Manaud)