À la veille de la réunion de l’OTAN et du groupe de contact sur la défense de l'Ukraine, les ministres européens de la Défense se retrouveront mercredi pour une réunion portant sur le soutien militaire à l’Ukraine. Le soutien militaire européen depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’élève à 70 milliards d’euros. « Il doit se poursuivre, au niveau européen et bilatéral », a souligné un fonctionnaire européen de haut niveau, lundi 9 février.
Les ministres se pencheront sur le renforcement de la coopération avec l’Ukraine dans le domaine de l’innovation dans la défense, y compris avec le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov. Cela porte notamment sur le secteur des drones. Les ministres discuteront des moyens d’assurer la livraison rapide des équipements les plus demandés par Kiev pour se défendre.
La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, présentera au Conseil de nouvelles options de financement de la défense ukrainienne, en mobilisant des fonds privés, avec le soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI). Soulignant que la BEI avait renforcé son financement au secteur de la défense et des biens à double usage en 2025 (EUROPE 13797/22), le haut fonctionnaire a précisé que la Haute Représentante voulait voir s’il était « possible d’aller encore plus loin en soutenant la coproduction entre les entreprises ukrainiennes et européennes et voir comment encourager les banques privées à investir dans ce domaine ». Le Conseil pourrait aussi revenir sur le prêt de 90 milliards d’euros en cours d’adoption au niveau de l’UE.
Enfin, les ministres discuteront des garanties de sécurité que l’UE pourrait apporter à l’Ukraine en cas de cessez-le-feu, y compris grâce à ses missions de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM) et d'assistance militaire en soutien à l’Ukraine (EUMAM). Selon un haut fonctionnaire, Kaja Kallas explore des options concernant des infrastructures de formation militaire, notamment la modernisation de centres de formation en Europe centrale et orientale. Les ministres vont aussi se pencher sur la façon dont l’UE pourrait soutenir la surveillance du cessez-le-feu.
Lors du Conseil, les ministres devraient également adopter, sans discussion, les plans nationaux de chaque pays dans le cadre de l'instrument 'SAFE' pour les 8 premiers États membres : la Belgique, la Bulgarie, Chypre, le Danemark, l'Espagne, la Croatie, le Portugal et la Roumanie (voir autre nouvelle).
Les ministres discuteront ensuite, lors d’un dîner, des ‘perspectives pour 2026’, comme leurs homologues des Affaires étrangères l’ont fait fin janvier. Il s’agira pour les ministres de discuter de manière informelle de la situation géopolitique et des actions de l’UE pour renforcer sa défense et sa sécurité. La future stratégie européenne de sécurité pourrait être abordée à cette occasion, tout comme les tensions autour du Groenland. (Camille-Cerise Gessant)