En commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a défendu, une nouvelle fois sa proposition de paquet 'réseaux', en particulier la coordination et la planification des réseaux électriques au niveau européen, en suivant une approche « descendante ».
Ce paquet a été présenté le 10 décembre dernier (EUROPE 13770/4) et a été inspiré en partie par le rapport d’initiative du Parlement européen sur les réseaux (EUROPE 13663/23), comme l’a rappelé le commissaire.
Une nouvelle approche « descendante » dans la planification des réseaux, coordonnée par la Commission européenne, « ne remplace pas la planification nationale ou régionale ; elle vient s'y ajouter », a-t-il justifié, en réponse aux questions des eurodéputés.
Il rappelle ensuite que les données et informations politiques nécessaires en provenance du niveau local, en particulier des opérateurs de réseaux de transport d’électricité, resteront des éléments essentiels.
« Le partage des connaissances et des données : ces éléments ne changeront pas. Certes, cela donne plus de pouvoir à l'Union européenne d'une certaine manière, mais il ne s'agit pas d'un jeu à somme nulle. L'UE ne retire pas aux États membres leur pouvoir de décision, bien au contraire. En acquérant ces compétences, nous pourrons donner plus de pouvoir aux États membres et élaborer des plans plus rationnels », a-t-il expliqué à plusieurs reprises.
Interrogé également sur les prix de l’énergie plus élevés en Europe du Sud-est, le commissaire a insisté à nouveau sur la nécessité de favoriser les interconnexions entre États membres. Il a notamment rappelé que, sans les interconnexions déjà existantes, l'UE payerait 40 milliards d’euros en plus par an, selon les données de l’Agence européenne de l’énergie (ACER).
GNL américain. La crainte d’une nouvelle dépendance de l’Union à l'égard du gaz naturel liquéfié (GNL) américain s’est aussi immiscée dans le débat. Selon, M. Jørgensen, les relations transatlantiques sont effectivement ébranlées avec les dernières menaces du président américain, Donald Trump, liées à l’annexion du Groenland. Cependant, cette relation est « différente de celle que nous avions avec la Russie, un ennemi (…) qui a instrumentalisé l’énergie pour nous nuire ».
Quoi qu’il en soit, le commissaire estime qu’il est nécessaire de diversifier les approvisionnements en énergie, mais surtout qu’il faut se défaire de la dépendance de l’UE vis-à-vis de toutes les importations de gaz fossile. (Pauline Denys)