L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, Andrew Puzder, a demandé aux eurodéputés, mercredi 28 janvier, d’avancer dans les négociations sur l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis. Bien que le président américain, Donald Trump, soit revenu sur ses menaces de droits de douane supplémentaires, les eurodéputés ne sont pas encore revenus sur leur décision de mettre à l’arrêt des négociations commerciales (EUROPE 13792/24).
Expliquant que, depuis son arrivée, son objectif principal avait été de finaliser l’accord commercial, d'obtenir son approbation par l'UE et la mise en œuvre des mesures prévues, l'ambassadeur a espéré des progrès à ce sujet « dans les prochaines semaines ».
« La confirmation de cet accord commercial constituerait un progrès considérable dans nos relations. Nous pouvons obtenir le mandat du Parlement », a-t-il plaidé en commission des Affaires étrangères du PE, rappelant que le Conseil avait adopté sa position. Une fois le mandat du PE obtenu, « le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, le représentant américain au Commerce, Jamieson Geer, et le Secrétaire américain au Commerce, Howard Letnick, pourront se mettre au travail pour élaborer un accord plus précis », a précisé M. Puzder.
Interrogé sur le respect de la part des États-Unis de leurs engagements commerciaux, l’ambassadeur a précisé que son pays avait « respecté ses engagements contractuels » depuis la signature de l’accord.
Selon M. Puzder, il est de l'intérêt des États-Unis que l’UE soit prospère économiquement. Selon lui, il est donc essentiel que l’Europe soit un acteur majeur de « l’économie de l’IA », estimant que, « très bientôt », « l'IA dominera l'économie ». Citant Elon Musk - selon qui, d'ici la fin de l'année, l’IA sera aussi intelligente qu'un humain et, d'ici quelques années, aussi intelligente que tout l'humanité réunie -, l’ambassadeur a expliqué qu’il était important que l'Occident, « c'est-à-dire les États-Unis, mais aussi l'Europe et l'Union européenne » soient les premiers à atteindre ces niveaux d'intelligence. Pour cela, il faut cinq choses essentielles : de l'énergie, des minéraux critiques (les terres rares), des centres de données, des données et des logiciels sophistiqués.
À ce sujet, l’ambassadeur a plaidé pour une législation sur l’IA actualisée, regrettant que la législation européenne ait été adoptée « avant Chat GPT ». « Nous avons besoin d'une loi sur l'IA qui prenne réellement en compte les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui », a-t-il expliqué. « Dans la mesure où nous devons réglementer l'IA, c'est un sujet sur lequel les États-Unis, le Royaume-Uni et l'UE devraient collaborer. Je crois que nous travaillons déjà avec le Royaume-Uni et j'aimerais que nous travaillions également avec l'UE sur ce sujet », a-t-il lancé.
M. Puzder a en outre plaidé pour un accord sur les terres rares, estimant que cela « démontrera l'unité réelle entre les États-Unis et l'UE pour l'avenir ». Il a espéré des avancées le 4 février, à l’occasion d’une conférence sur les minéraux critiques qui se tiendra à Washington. (Camille-Cerise Gessant)