Franck Leroy, président de la région française du Grand Est et président depuis le 1er janvier de l’Alliance des régions de production de véhicules automobiles (ARA), a prôné une approche pragmatique pour décarboner le secteur, lors d’un point presse, mardi 27 janvier.
« Si on veut conserver une industrie et lui permettre d'opérer cette transition, dans un temps qui est plus important que les neuf ans qui restent d’ici 2035, je pense qu'il faut être pragmatique et revoir la trajectoire », a-t-il estimé (EUROPE 13787/16).
Outre les constructeurs, il a évoqué le cas des sous-traitants et des équipementiers. « Certains d’entre eux sont en train de réduire leurs volumes de production pour le thermique, mais, pour autant, le marché électrique ne décolle pas. D'autres sont perdus pour le thermique, notamment ceux qui produisent des pots d'échappement. Il faut leur laisser le temps de se repositionner sur le marché automobile ou sur d'autres marchés », a-t-il souligné. Il a défendu un accompagnement de ces acteurs, par le biais de fonds européens ou nationaux. Il a également plaidé en faveur d'une restriction de l'accès des véhicules chinois au marché européen, dénonçant « une distorsion de concurrence ».
En parallèle, il a appuyé également les mesures de sauvegarde sur l'acier (EUROPE 13795/4), pour l’automobile, mais aussi parce que sa région est la troisième région sidérurgique de France. « Quand on sait dans quelles conditions sont produits les aciers dans ces pays, on ne peut pas demander à nos producteurs d'avoir un acier plus vert que vert », a-t-il considéré. (Anne Damiani)