Lors de leur conférence de presse au troisième jour de la COP30 à Belém (Brésil), mercredi 12 novembre, les représentants de l’UE ont souligné l’importance d’échanger, entre parties de l’Accord de Paris sur le climat, sur « la réponse à donner » aux objectifs agrégés au sein des nouvelles 'Contributions déterminées au niveau national' (NDC).
Ces NDC fixent les ambitions nationales en matière de lutte contre le changement climatique à l’horizon 2035. L’UE s’est récemment accordée - non sans difficulté - sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre compris entre 66,25 et 72,5% d’ici 2035 (par rapport à 1990) (EUROPE 13749/6).
Alors que les parties devaient soumettre leur NDC avant fin septembre, 110 l’ont fait à ce jour, sur près de 200 parties.
Un rapport de synthèse actualisé des Nations Unies dévoile que, selon les plans soumis, les émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient réduites de 12% en dessous des niveaux de 2019 d’ici 2035, ce qui reste insuffisant pour limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C (https://aeur.eu/f/jdv - EUROPE 13740/6).
Pour l’UE, une priorité clé est de « garantir un plan d'action négocié visant à renforcer le niveau collectif d'action et d'ambition ainsi que la mise en œuvre des NDC », comme l’a expliqué Maria Samuelsen, négociatrice en chef pour le Danemark, à la tête de la Présidence du Conseil de l’UE.
Toutefois, il est nécessaire de faire en sorte que cette réponse ne modifie pas « l’architecture » de l’Accord de Paris, a mis en garde Jacob Werksman, conseiller principal à la Commission européenne pour les aspects internationaux de la politique climatique de l'UE.
« À la place, nous pensons qu’il est important que ce processus envoie un signal : malgré les progrès, il y a toujours un manque d’ambition important, et cela nécessite une réponse », a-t-il expliqué.
Finance pour le climat. Maria Samuelsen a également indiqué qu’il était nécessaire d’en faire davantage pour répondre à l’objectif de financement climatique, acté lors de la COP29 à Bakou, visant à mobiliser au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 en faveur des pays en développement (EUROPE 13739/5).
« En 2024, l'UE a fourni 31,8 milliards d'euros de financement public pour le climat et mobilisé 11 milliards d'euros de financement privé », a-t-elle indiqué, soulignant que l'UE était, à ce jour, le plus grand contributeur. (Pauline Denys)