Après plusieurs journées préparatoires (EUROPE 13746/1), la COP30 s’est ouverte ce lundi 10 novembre à Belém (Brésil), dix ans après l’accord de Paris sur le climat visant à limiter le réchauffement à 1,5°C au-dessus de la moyenne historique.
L’UE, qui s’est tout juste accordée sur sa contribution déterminée au niveau national ('NDC') pour 2035 (EUROPE 13746/1) souhaite encore s'afficher en tant que leader de la lutte contre le changement climatique, alors que les États-Unis n'ont pas participé au sommet des Nations Unies. Le pays s’est retiré pour la deuxième fois de l’Accord de Paris, le 20 janvier dernier, à la suite de l’investiture de l'actuel président américain, Donald Trump.
« Nous espérons simplement que les États-Unis n'entraveront pas les efforts du reste du monde en matière de lutte contre le changement climatique », a commenté une source européenne. Elle a également expliqué qu'il y avait « un intérêt de la part de nombreux partenaires internationaux à travailler avec l’UE ».
En communiquant une fourchette de réduction des émissions de gaz à effet de serre comprise entre 66,25 et 72,5% d’ici 2035, l’UE entend toujours faire partie des acteurs « les plus ambitieux », mais également les plus « fiables ».
Ainsi, la Commission européenne a communiqué récemment une stratégie définissant la diplomatie climatique de l’UE, soulignant les possibilités de coopération avec les partenaires mondiaux, y compris les géants américain et chinois (EUROPE 13732/5).
Attentes de la COP30. Si cette nouvelle COP vise à réaffirmer les objectifs climatiques mondiaux, un nouvel accord ambitieux n'est pas attendu.
Lors de la COP28 à Dubaï, les parties s’étaient engagées à tripler les capacités d’énergie renouvelables installées et à doubler le taux d’efficacité énergétique d’ici 2030. La COP29 à Bakou, quant à elle, avait acté un objectif d’au moins 300 milliards de dollars par an d'ici 2035 de financement des objectifs climatiques des pays en développement.
Cette COP30 « est en réalité une COP de l'ambition en matière de mise en œuvre », a expliqué la même source européenne, qui invite à se poser la question suivante : « Comment pouvons-nous accélérer la mise en œuvre pour combler l'écart en matière de réduction des émissions ? ».
L’UE défend sa position. Au total, 105 parties sur 193 ont soumis leurs objectifs ('NDC') pour 2035 à l’ouverture de la COP. Selon le Climate Action Tracker, seuls la Norvège et le Royaume-Uni ont remis des plans qui peuvent être considérés comme alignés sur l’objectif de 1,5°C. La Norvège vise une réduction de ses émissions d’au moins 70-75% en 2035 par rapport aux niveaux de 1990 et le Royaume-Uni fixe un objectif de réduction de 81%.
Bien que l’UE se soit finalement accordée sur une fourchette de réduction des émissions et non pas sur un pourcentage simple, le Conseil de l’UE a défendu cette position en indiquant que la NDC met en évidence « les progrès constants que l'UE a réalisés dans le cadre de son action climatique en vue de décarboner son économie ainsi que sa contribution aux efforts mondiaux, convenue à l'issue du premier bilan mondial lors de la COP28 ».
Une source rappelle également que d’autres parties ont soumis des fourchettes qui sont « en-dessous » de celle l’UE, comme c’est le cas pour le Canada, l’Australie et le Brésil. (Pauline Denys)