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Bulletin Quotidien Europe N° 13749
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ACTION EXTÉRIEURE / AmÉrique latine/caraÏbes

Les pays de l'UE, d'Amérique latine et des Caraïbes réaffirment leur soutien au « multilatéralisme » et approfondissent leurs relations entre égaux

Les chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'Amérique latine, des Caraïbes (CELAC) et de l'Union européenne sont convenus d'« accélérer » leur coopération dans de nombreux domaines, tels que l'action climatique, la transition énergétique et les échanges commerciaux, et d'approfondir leurs efforts conjoints pour s'attaquer à la criminalité transnationale organisée, dimanche 9 novembre, dans la cité caribéenne de Santa Marta (Colombie).

Lors de leurs prises de parole durant le sommet UE/CELAC, de nombreux dirigeants ont insisté sur l'importance, pour la soixantaine de pays représentés, de s'unir pour défendre un ordre international basé sur des règles, alors que les États-Unis, depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, s'affranchissent de la lutte internationale contre les dérèglements climatiques, ravivent les tensions commerciales en imposant des barrières douanières de façon unilatérale et bombardent en mer des Caraïbes des embarcations accusées d'alimenter le narcotrafic.

« Le multilatéralisme », cela signifie que des nations et des cultures différentes se rassemblent pour trouver des solutions à des problèmes communs, sans qu'un pays n'« impose » ses vues aux autres, a déclaré le président colombien, Gustavo Petro, hôte du sommet bi-régional et directement sanctionné par Washington. « Aucun pays, à lui seul, ne peut résoudre le problème du changement climat », de la « pauvreté » ou gérer le thème de l'information, de l'économie numérique, a-t-il souligné.

Face à un contexte international marqué par « la concurrence économique » et géopolitique, le président du Conseil européen, António Costa, a loué « une relation d'égal à égal » entre les pays participants et basée sur le respect de la démocratie, du droit international et de la justice sociale.

Dans leur déclaration commune adoptée à l'unanimité, à part le retrait du Venezuela et du Nicaragua, les pays participants réitèrent « leur opposition à la menace ou à l'emploi de la force ainsi qu'à toute action contraire au droit international et à la Charte des Nations unies ». Ils notent que la CELAC s'est autoproclamée « territoire de paix » ('zone of peace') où les différends doivent se régler par le dialogue et la coopération.

« La menace de l'usage de la force militaire fait à nouveau partie du quotidien en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les vieilles manœuvres et rhétoriques sont recyclées pour justifier des interventions illégales », a dit le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, allié de Gustavo Petro, cité par l'AFP. De son côté, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, avait rappelé, à son arrivée au sommet, que le recours à la force par un État est légitime « pour deux raisons : soit en tant que légitime défense, soit en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ».

Voir la 'Déclaration de Santa Marta' : https://aeur.eu/f/jd3

Commerce. Si, en juillet 2023, le sommet bi-régional avait apporté son lot d’annonces de partenariats économiques entre l’UE et plusieurs pays d'Amérique latine, celui de 2025 a été plus sobre en la matière. Les partenaires s’engagent simplement à travailler pour élargir et approfondir le réseau existant d’accords commerciaux qui les lient.

Le caractère stratégique des liens économiques entre les deux blocs est tout juste reconnu. Plus largement, les pays de l’UE et de la CELAC soulignent « l’importance d’avancer ensemble pour réduire les tensions commerciales, faciliter le commerce international, améliorer l’accès aux marchés et garantir la sécurité alimentaire ». Ainsi, le dialogue est de mise pour supprimer les barrières au commerce, insistent les signataires de la déclaration conjointe.

Les relations UE/CELAC ne sont pas particulièrement marquées par des différends commerciaux, mais les deux blocs souffrent en revanche de l’impact des tarifs douaniers et autres restrictions imposées par les États-Unis ou la Chine.

Notant qu'Européens, Latino-américains et Caribéens font face « aux mêmes défis, à savoir surmonter les vieilles dépendances et en éviter de nouvelles », Mme Kallas a promis que l'UE resterait « un partenaire commercial stable, prévisible et attaché à ses principes pour la CELAC ». M. Costa a souligné que, depuis 2013, les échanges commerciaux entre l'UE et la CELAC ont augmenté de 45%, l'UE demeurant le premier investisseur en Amérique latine. 

Investissements. Le sommet UE/CELAC a été l'occasion de faire le point sur la centaine de projets qui ont vu le jour depuis juillet 2023, notamment grâce au soutien de l'initiative européenne 'Global Gateway' (EUROPE 13225/1). De nouvelles initiatives concrètes ont aussi été dévoilées.

Il y a deux ans, les partenaires avaient lancé une 'Alliance numérique' qui a permis d'accroître la connectivité entre les deux rives de l'océan Atlantique. Mme Kallas a évoqué la mise sur pied d'un réseau UE/CELAC de supercalculateurs ('supercomputing network') dédié à l'intelligence artificielle afin de partager les ressources et d'inciter les investissements dans l'économie numérique. Ce réseau sera soutenu à hauteur de 15 millions d'euros provenant de l'UE, de l'Espagne et du Brésil.

Parallèlement, à travers le programme BELLA, les connexions à haut débit engloberont le Costa Rica et le Guatemala d'ici la fin de l'année, puis l'Amérique centrale, le Pérou et la région Caraïbes en 2026. En outre, la couverture satellitaire, notamment du territoire amazonien et des îles des Caraïbes, sera élargie.

Plus d'informations sur l'Alliance pour le secteur numérique UE/CELAC : https://aeur.eu/f/jd1

Sécurité civile. Par ailleurs, les pays de l'UE et dix-huit pays de la CELAC ont lancé une nouvelle 'Alliance pour la sécurité des citoyens'. L'objectif est de favoriser une approche globale de la sécurité, qui s'appuie sur la coopération existante en matière de justice et renforce la coopération dans la lutte contre le trafic de drogue (COPOLAD), la gestion des frontières (EUROFRONT), la sécurité maritime, la sécurité portuaire et la cybersécurité.

Voir la déclaration spécifique à la sécurité des citoyens : https://aeur.eu/f/jd5

L'UE a proposé notamment d'unir les efforts pour assurer le partage d'informations entre acteurs légitimes dans le domaine maritime. Ainsi, le programme CRIMARIO sera élargi à l'ensemble de la région latino-américaine et caribéenne, dans le respect du droit international.

Plus d'informations sur le programme CRIMARIOhttps://aeur.eu/f/jd0

En marge du sommet UE/CELAC, la France a annoncé l'ouverture, en collaboration avec la Colombie, d'une académie régionale en République dominicaine, qui formera des enquêteurs et des douaniers en vue de renforcer la lutte contre le crime organisé.

 Santé. Enfin, le sommet UE/CELAC a été l'occasion pour l'UE et seize pays latino-américains et caribéens de lancer l'initiative 'Pact on Care', qui étend la coopération dans le domaine social. La future plateforme facilitera les discussions structurées sur la manière de renforcer les systèmes de protection sociale, les conditions de travail des professionels de santé ainsi que l'égalité de genre.

Voir la déclaration sur l'initiative 'Pact on Care' : https://aeur.eu/f/jd6  (Mathieu Bion et Léa Marchal)

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