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Bulletin Quotidien Europe N° 13750
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Lancement du cycle européen de solidarité - les eurodéputés prennent acte des propositions de la Commission, sans enthousiasme

Les eurodéputés ont accueilli de manière plutôt tiède, mercredi 12 novembre en plénière, le premier rapport de la Commission lançant le cycle annuel de solidarité entre les États membres, en vertu du ‘Pacte Asile et migration’ (voir article lié).

Si les groupe PPE et CRE ont salué une bonne étape - cependant insuffisante et devant être complétée avec des accords rapides sur les règlements relatifs au retour des personnes en situation irrégulière ou aux concepts de 'pays tiers sûrs' et 'pays d’origine sûrs' -, les groupes de gauche ont déjà dit redouter un déséquilibre dans les contributions de solidarité.

Par la voix du Français Fabrice Leggeri, le PfE, quant à lui, a dénoncé un nouveau « loup islamiste dans la bergerie européenne » avec l’obligation faite, selon lui, aux États membres d’« accueillir des migrants » ou de subir une « lourde sanction financière ».

Ce ‘Pacte’ est ainsi, selon PfE, le « Pacte de la honte, qui oblige les États membres à capituler face à la pression migratoire ». Au sein des groupes de gauche du PE, le S&D, par la voix de Birgit Sippel (allemande), a surtout déploré que les gouvernements aient fait valoir leurs propres intérêts politiques nationaux à travers ce rapport, l’élue dénonçant ainsi le « comportement peu constructif » du ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt.

Celui-ci avait admis, le 14 octobre dernier à Luxembourg, avoir cherché à peser sur le contenu des rapports de la Commission, et donc retardé le processus.

Si les élus ont en effet peu apprécié le retard de la publication des travaux de la Commission par rapport à la date avancée légalement dans le Pacte pour lancer chaque cycle de solidarité (le 15 octobre chaque année), ils ont aussi, à gauche, déploré que l’exercice de solidarité repose surtout sur neuf pays membres, la Commission ayant en effet identifié 18 pays en difficulté. Figurant dans ces neuf pays, la Hongrie a par ailleurs toujours assuré ne pas vouloir prendre part aux mesures du 'Pacte' et encore moins à celles sur la solidarité.

Même si les pays dits 'sous risque de pression' devront toutefois contribuer effectivement à la solidarité en recevant de l’aide en retour, les élus de gauche craignent que cela « reproduise les déséquilibres », comme l’a dit Mélissa Camara (Verts/ALE, française).

« La plupart des pays sont dits 'sous pression', et donc dispensés d’accueillir ; finalement neuf pays doivent être solidaires ! », a déploré l’élue.

L’Espagnole Estrella Galán, pour La Gauche, a aussi reproché à la Commission d’abandonner les pays du Sud. « Vous avez décidé que neuf pays sur 27 peuvent contribuer ou être solidaires et qu’ils peuvent choisir entre accueillir ou payer ; cette solidarité à la carte est inacceptable ». (Solenn Paulic)

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