Les ministres du Commerce des pays de l’Union européenne se retrouveront pour une session extraordinaire, lundi 14 juillet à Bruxelles. L’actualité l’exige : les tensions commerciales avec les États-Unis se sont ravivées, ce weekend, celles avec la Chine s’accumulent avant le sommet bilatéral et la publication des textes de l’accord UE/Mercosur est imminente.
États-Unis. Alors que l'annonce d'un accord commercial entre les autorités américaines et la Commission européenne était espéré en fin de semaine dernière, la menace, proférée samedi 12 juillet par le président américain Donald Trump, de taxer les exportations de l'UE vers les États-Unis à hauteur de 30% à partir du 1er août bouleverse l'agenda de la réunion des ministres européens du Commerce, lundi 14 juillet.
Intervenant devant la presse dimanche, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a maintenu l'approche duale défendue par les Européens: - trouver « une solution négociée » d'ici à la fin du mois; - préparer en parallèle des contremesures additionnelles pour défendre les intérêts de l'UE, ce nouveau paquet devant être discuté par les ministres lundi.
Sur l'arsenal de contremesures disponibles, Mme von der Leyen n'a pas, contrairement au président français, Emmanuel Macron, mentionné l'activation de l'instrument de coercition de l'UE, jamais utilisé à ce stade. Cet instrument a été prévu « pour les circonstances exceptionnelles » et « nous n'en sommes pas là », a-t-elle estimé.
La dirigeante a aussi souhaité que l'UE approfondisse son marché intérieur et diversifie ses débouchés commerciaux. La Commission a d'ailleurs annoncé, dimanche, la finalisation d'un accord commercial avec l'Indonésie.
Quant au premier paquet de contre-mesures européennes, Mme von der Leyen a annoncé la prolongation de leur suspension jusqu’au 1er août afin de redonner une chance à la négociation avec Washington (EUROPE 13619/17).
Mercosur. L’incertitude est moindre dans ce cas, mais l’attente commence à être longue pour les États membres, qui doivent recevoir d’un jour à l’autre une proposition de conclusion et de signature de l’accord de commerce UE/Mercosur.
Le sujet ne figure pas explicitement à l’agenda de la réunion ministérielle de lundi, les ministres devant discuter des négociations en cours et des perspectives pour de nouveaux types d’accords. Mais il ne fait aucun doute que plusieurs délégations auront à cœur de soulever la question de l’accord UE/Mercosur, qui a fait l’objet de rejet par plusieurs pays jusqu’ici.
La majorité qualifiée des États membres, nécessaire pour approuver l’accord au Conseil de l'UE, pourrait être sécurisée, si la Commission met sur la table un texte qui inclut les demandes françaises et rassure les autres pays réticents, comme la Pologne (EUROPE 12677/16, 13675/30).
Chine. Quelques jours avant un sommet UE/Chine prévu jeudi 24 juillet à Pékin, les ministres se pencheront, pendant leur déjeuner, sur les tensions commerciales entre l’UE et la Chine. Ils devraient répéter leurs inquiétudes face aux restrictions à l’exportation que Pékin impose sur les terres rares ou encore sur les dernières mesures visant les appareils médicaux européens (EUROPE 13675/19). (Léa Marchal, avec Mathieu Bion)