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Bulletin Quotidien Europe N° 13679
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Objectifs post-2030 - les États membres amorcent une discussion « constructive », tandis que la Commission défend une trajectoire « robuste » vers 2040

Au second jour de leur réunion informelle à Aalborg (Danemark), vendredi 11 juillet, les ministres européens du Climat ont tenu un débat sur la politique climatique à mener après 2030 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Il s’agit de la première discussion officielle au niveau ministériel sur le sujet depuis la publication, le 2 juillet, de la proposition de révision de la 'Loi climat' par la Commission, qui établit un objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport à 1990 (EUROPE 13672/1).

« Il est clair que la voie à suivre doit tenir compte à la fois de la compétitivité industrielle, de la sécurité et de l'action pour le climat. La grande majorité des États membres sont largement disposés à s'engager de manière constructive dans la perspective du Conseil de septembre », a affirmé la Présidence danoise du Conseil de l'UE dans un communiqué.

Le ministre danois, Lars Aagaard, a salué « une discussion constructive » sur un enjeu qui, selon lui, « déterminera le futur non seulement de l’Europe, mais du monde ».

Le commissaire à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a défendu la trajectoire proposée, qui lie tout à la fois ambition climatique, compétitivité et indépendance stratégique. Il a rappelé que l’UE ne représente que 6% des émissions mondiales et a appelé les autres puissances à « faire leur part ».

L'objectif de 90% devrait sous-tendre la contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’UE pour 2035. Wopke Hoekstra a précisé qu'il faut d’abord arrêter l’objectif 2040 avant de définir la CDN qui en découlera, ce qui serait soutenu par la « vaste majorité » des États membres.

L’un des sujets les plus sensibles est l’inclusion de crédits carbone internationaux, selon l’article 6 de l’Accord de Paris. La Commission propose un plafond de 3% à compter de 2036.

Selon Lars Aagaard, cette option, qui laisse ouvertes de nombreuses et diverses questions techniques, bénéficie d'un soutien général. Il y voit un moyen d'« aider d’autres pays à réussir leur transition ».

Le commissaire Hoekstra a confirmé que certains États souhaitent abaisser ce seuil, tandis que d’autres en demandent plus. Le compromis proposé lui paraît « robuste ». Le report à 2036, qui exclut ces crédits du calcul de la CDN, est pleinement assumé, puisque les partisans d’un usage limité ne souhaiteraient pas le repousser, a-t-il souligné.

La veille, des divergences quant au calendrier, au niveau d’ambition et à l’usage des crédits internationaux étaient déjà apparues. La France avait présenté l’article 6 comme un outil diplomatique, la Suède et l’Allemagne avaient plaidé pour un accord rapide, tandis que la Hongrie s'inquiétait d'une certaine précipitation sans évaluation d’impact suffisante.

Par ailleurs, le rejet par le Parlement européen d’une procédure accélérée (EUROPE 13677/3) n’empêche pas la Commission de souhaiter un accord rapide. Interrogé sur une éventuelle pré-négociation avec le Parlement avant la potentielle adoption de la position le 18 septembre, Wopke Hoekstra n’a pas confirmé explicitement cette possibilité, mais a estimé que, selon sa lecture du débat, les États membres partageaient une volonté de finaliser leur CDN avant la COP30 à Belém (Brésil). (Nithya Paquiry avec Pauline Denys)

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