La France et le Royaume-Uni se sont mis d'accord, jeudi 10 juillet, lors d’un Sommet bilatéral au Royaume-Uni, sur un projet pilote d'échange de migrants baptisé ‘one in, one out’.
Alors que les traversées de la Manche atteignent des chiffres record, avec plus de 21 000 migrants enregistrés depuis le début de l’année, l’accord prévoit le renvoi en France d'un migrant arrivant au Royaume-Uni par petit bateau, en échange de quoi Londres s'engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté, via une plateforme en ligne, de s'installer au Royaume-Uni, et justifiant de liens avec ce pays, explique l’AFP.
La Commission sera consultée sur ce projet pilote avant qu’il n’entre en vigueur. Et elle « examinera concrètement les modalités » de cet accord, a-t-elle dit vendredi 11 juillet, affirmant soutenir toute initiative qui respecte l’esprit du droit européen et international.
« Pour la première fois, les migrants arrivant par petits bateaux seront arrêtés, puis renvoyés rapidement en France », a déclaré le Premier ministre britannique, Keir Starmer, lors d'une conférence de presse sur la base militaire de Northwood, se réjouissant d'un accord « révolutionnaire » sur un projet susceptible de démarrer « dans les prochaines semaines ».
Le président français, Emmanuel Macron, de son côté, a mis en cause le ‘Brexit’, soulignant qu'il n'existait plus « aucun accord migratoire avec l'Union européenne » et que cela créait une « incitation » à traverser la Manche. Ce projet pilote exercera, selon lui, « un effet très dissuasif sur le modèle des passeurs et sur les traversées ».
Le 20 juin, dans la perspective de cet accord franco-britannique, les pays des ‘Med5’ (l'Italie, Malte, la Grèce, Chypre, l'Espagne) avaient écrit au chef de cabinet de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour exprimer leurs préoccupations.
Dans ce courrier, vu par Agence Europe, les cinq pays rappelaient avoir demandé depuis 2020 des accords globaux entre le Royaume-Uni et l’UE sur ce sujet qui a des implications pour tous les autres États membres et souligné avoir encore mis en garde pendant les négociations sur les récents accords du 19 mai entre Londres et l’UE contre tout accord bilatéral dans ce domaine des migrations.
Ils demandaient à la Commission d’évaluer les conséquences éventuelles de tels accords sur les pays de première ligne et d’analyser la compatibilité du projet franco-britannique avec le nouveau cadre européen sur les retours de personnes en situation irrégulière dans l’UE, présenté en mars.
Ces pays s’interrogent entre autres sur les implications pour les procédures dites 'de Dublin' pour les personnes renvoyées en France et qui pourraient à nouveau être renvoyées vers leur pays au titre du principe de première entrée. (Solenn Paulic)