« Il y a quand même plusieurs instruments à notre disposition pour la circularité et le règlement 'écoconception' pour les produits, mais aussi le ‘Critical material Act’ et le 'Pacte vert pour l’Europe' », a déclaré la secrétaire générale de l’Euric (qui représente l’industrie du recyclage en Europe), Julia Ettinger, mardi 3 juin, lors la conférence sur l’économie circulaire organisée par la Commission européenne.
Ces réglementations, tout comme la législation sur l’économie circulaire - que la Commission proposera en 2026 - devront se traduire dans le comportement du marché, selon elle. « Un changement systémique est nécessaire pour que l'économie circulaire devienne tangible sur le terrain », prévenait la commissaire européenne à l'Environnement, à la Résilience de l'eau et à l'Économie circulaire, Jessika Roswall, quelques minutes plus tôt.
Cette dernière veut notamment rendre les matières premières secondaires « plus compétitives, plus attractives », avec l'aide de la 'Boussole pour la compétitivité' et du 'Pacte pour une industrie propre'. L'approche que ces instruments défendent sera développée avec la législation pour l'économie circulaire, qui va faire l'objet d'une consultation ouverte à toutes les parties prenantes que la Commission est « sur le point d'annoncer ».
Cette législation aura notamment pour ambition : - de développer le secteur grâce aux ressources financières assurées par des contrats avec le secteur public ; - d'améliorer le commerce des déchets et des matières premières secondaires dans l'Union ; - d'augmenter « drastiquement » le taux de recyclage et de récupération des matières premières critiques et stratégiques, qui se situe actuellement à « moins de 1% » ; - d'accélérer la bioéconomie européenne, un secteur au « potentiel énorme, de l'agriculture à la sylviculture », selon la commissaire européenne.
Dirk Vantyghem, le directeur général d'Euratex, qui représente les intérêts de l'industrie européenne du textile et de l'habillement, a confirmé que les marchés publics doivent peser, en ayant par exemple recours à du textile recyclé pour les uniformes de police et des hôpitaux. La part de fibres vierges, c'est-à-dire non recyclées, dans la production de fibres totales est de 93%, « parce qu'un kilo de fibre vierge coûte un euro, contre deux à trois euros pour la fibre recyclée », a résumé Dirk Vantyghem. Face à cette réalité, ce dernier a demandé à l'UE de récompenser les entrepreneurs qui investissent dans le recyclage de « stimuler la demande » et de voir comment la BEI (Banque européenne d'investissement) peut « donner de la force à un secteur » composé de « petites entreprises ». (Florent Servia)