Selon une étude commandée par la fédération de l'industrie européenne de l'électricité Eurelectric, réalisée avec l’entreprise de conseil Accenture et présentée lors de l’événement 'Power Summit 2025' à Bruxelles, mardi 3 juin, l'électrification des activités à intensité énergétique moyenne pourrait devenir compétitive en termes de coûts d'ici 2030.
Toutefois, il sera nécessaire d’agir sur la réduction des coûts technologiques et de combler l'écart de compétitivité entre les coûts de l'électricité et ceux des combustibles fossiles.
Reposant sur l’analyse de trois cas industriels types, l’étude conclut que, pour les secteurs à forte intensité énergétique comme la production d'éthylène, les produits chimiques, le fer et l’acier, davantage de progrès technologiques et d'innovation sont nécessaires pour réduire les coûts initiaux des solutions électriques.
« Les parties prenantes doivent (notamment) travailler ensemble et essayer d'optimiser le système en exploitant les données et l'IA, ce qui permettra de trouver une solution optimale et de stimuler l'innovation », a déclaré Andrea Falciai, responsable du secteur 'services à la collectivité' pour l'Europe chez Accenture.
Même si l'Europe a fait figure de leader pour le développement de technologies propres à un stade précoce, comme pour les éoliennes, « des difficultés subsistent quant à sa capacité à étendre, déployer et maintenir leur compétitivité », reconnaît l'étude. « L'expansion de la base de technologies propres de l'Europe sera cruciale pour parvenir à un leadership climatique et industriel ».
Afin d'éliminer l'écart de compétitivité entre l'électricité et les combustibles fossiles, le rapport juge nécessaire d'abandonner les subsides aux combustibles fossiles et s'étend sur la nécessité d'éliminer certains goulets d'étranglement limitant la production provenant de technologies 'zéro émission nette'.
Il souligne également la nécessité de réduire le risque des contrats à long terme, de type PPA, afin de limiter le risque de fluctuations sur les marchés de l'électricité pour les grands projets tels que l'éolien, le solaire et le nucléaire.
« Bien qu'il soit peu probable que la totalité de l'offre soit achetée à l'aide de ces instruments, l'augmentation de leur pourcentage dans le mix aurait un effet bénéfique sur le coût global de l'offre », indique le rapport.
Eurelectric met également l'accent sur l'expansion des contrats carbone pour la différence (CCfD) et souligne la nécessité d'un soutien financier pour réduire les dépenses d'investissement et d'exploitation.
Pour minimiser les coûts du système, l'étude recommande aussi de renforcer la flexibilité et d'agir sur la taxation de l'électricité.
Pour voir le rapport et les recommandations d'Eurelectric : https://aeur.eu/f/h5b (Pauline Denys)