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Bulletin Quotidien Europe N° 13652
POLITIQUES SECTORIELLES / Mer

Le groupe S&D au PE estime qu’il faut saisir la chance d’un véritable ‘Pacte pour les océans’

Le groupe S&D au Parlement européen a estimé, mardi 3 juin, qu’il était temps de saisir l’opportunité d’un véritable 'Pacte pour les océans', ou 'Blue Pact', réellement ambitieux pour restaurer les milieux marins (EUROPE 13646/11).

« Il nous faut de nouveaux outils en matière de gouvernance », a plaidé Christophe Clergeau (S&D, français) lors d’une rencontre avec quelques journalistes. Il a dénoncé un manque de « coopération transnationale » au niveau des bassins maritimes au sein de l’UE. En outre, selon lui, l’Union ne dispose pas des bons instruments pour gérer les océans de manière intégrée afin de concilier restauration écologique, développement de l’économie bleue et durabilité des activités de pêche.

L’UE dispose de règles en matière de planification de l’espace maritime ainsi que de la directive-cadre 'stratégie pour le milieu marin' (objectif : atteindre le bon état écologique des eaux d’ici 2020). Or, ces deux outils « ne sont ni cohérents ni coordonnés », a regretté Christophe Clergeau. « Il n’y a aucune gestion effective des mers aux niveaux local, national et transnational. C’est pourquoi nous demandons une révision de la directive sur la planification de l’espace maritime et de la directive-cadre sur le milieu marin », a-t-il expliqué.

Ce 'Pacte bleu' a-t-il un véritable avenir ? « Nous avons une opportunité parce qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a mis ce sujet à l’agenda. Elle est censée mobiliser la famille politique du PPE pour soutenir un pacte ambitieux », a estimé M. Clergeau. Il a ajouté que Mme von der Leyen semblait personnellement engagée, tout comme le commissaire aux Océans, Costas Kadis.

Il a reconnu que le PPE, en tant que groupe, pouvait sembler « faible » sur ce sujet, mais que la perception était différente au niveau national. De nombreux États membres, a-t-il souligné, comprennent les effets directs de la dégradation des océans sur les activités côtières, le tourisme durable, la pêche et l’aquaculture. Par exemple, « la qualité des eaux littorales et de l’interface terre-mer devient une question clé dans de nombreuses villes et régions européennes », a déclaré M. Clergeau.

La pêche, secteur stratégique ? André Rodrigues (S&D, portugais) a exprimé le souhait d’un engagement clair envers les pêcheurs et les communautés côtières dans le cadre de ce pacte. Il a souligné que la pêche devait constituer un pilier stratégique du 'Blue Pact', notamment par l’implication des professionnels dans la gestion des aires marines protégées et la mobilisation de fonds européens pour aider à atteindre les objectifs environnementaux.

Il a rappelé que les objectifs étaient déjà définis : protéger au moins 30% du territoire maritime national, dont 10% en protection stricte. Il faut maintenant, selon lui, agir concrètement pour les atteindre, à travers des plans de gestion efficaces.

« Nous devrions viser un niveau de protection plus élevé au sein des aires marines protégées », a déclaré M. Rodrigues, en faveur d'une interdiction du chalutage de fond dans ces zones. M. Clergeau a souligné qu’il s’agissait là d'une position officielle du groupe S&D sur le chalutage de fond. « Nous devons l’interdire lorsqu’il est invasif et destructeur, prendre en compte les nouvelles technologies et engager une discussion spécifique pour chaque aire marine protégée », a-t-il précisé.

La Commission a publié, le 22 mai, son rapport 2025 sur l’économie bleue de l’UE, cité par M. Clergeau. En 2022, l'économie bleue employait directement 4,82 millions de personnes, générait près de 890 milliards d’euros de chiffre d’affaires et représentait 250,7 milliards d’euros de valeur ajoutée brute (VAB). (Lionel Changeur)

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