Les ministres des pays de l'UE chargés de la Coopération au développement ont approuvé, lundi 26 mai, des conclusions en amont de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement ('FfD4'), qui se tiendra à Séville du 30 juin au 3 juillet prochains. La 'FfD4' constitue, selon les 27 pays de l'UE, une occasion cruciale de réformer le cadre international de financement du développement durable en s’attaquant au déficit mondial, estimé à 4 000 milliards de dollars américains par an.
« Tout le monde regarde vers l’Europe. (...) Le sommet à Séville peut marquer un tournant dans ce que doit être la redéfinition du financement du développement et le nouveau modèle de développement », a déclaré la secrétaire d'État espagnole, Eva Granados, lundi matin.
Multilatéralisme. Dans les conclusions approuvés, les ministres appellent à une plus grande inclusion et à une réforme des institutions financières internationales, notamment des banques multilatérales de développement, afin de renforcer la voix et la représentation des pays en développement.
Ils soulignent également l’urgence de relever les défis mondiaux pressants, notamment l’intensification des tensions géopolitiques, la prolifération des conflits et les perturbations du système financier international.
Toutefois, les conclusions ne font aucunement référence à la demande formulée par l’Union africaine d'obtenir deux sièges au Conseil de sécurité de l'ONU afin de permettre une représentation de l’Afrique, seul continent encore exclu de ce forum décisionnel. Cette revendication avait pourtant été réitérée à Bruxelles, mercredi 21 mai dernier, lors d’une réunion ministérielle avec l’UE (EUROPE 13645/19)
Financement public et privé. Dans ces conclusions, le Conseil « rappelle l’engagement collectif à intensifier et à tenir » les « engagements respectifs en matière d’Aide publique au développement (APD), y compris l’engagement des pays les plus développés à atteindre les objectifs de 0,7% du revenu national brut (RNB) pour l’APD ».
Selon des données préliminaires de l’OCDE, l’année 2024 a été marquée par une baisse notable de l’APD des pays de l’UE, reflétant des choix budgétaires nationaux susceptibles de compromettre leurs engagements internationaux (EUROPE 13624/6). En outre, seuls trois pays de l'UE (le Luxembourg, la Suède et le Danemark) ont consacré au moins 0,7% de leur RNB à l'APD cette année-là.
Le Conseil promeût le rôle essentiel du secteur privé dans le financement du développement, en particulier dans des secteurs tels que les infrastructures, le climat et l’éducation, et exhorte les institutions financières internationales à intensifier leurs efforts et leur coordination pour que le financement atteigne les pays et les communautés qui en ont le plus besoin.
« L’implication de l’argent public ne suffira pas, et nous ne pourrons pas réussir sans une forte implication des investisseurs privés », a averti le commissaire européen aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela, à l'entame de la réunion.
Priorités de l'UE. « Évidemment, nous avons des priorités stratégiques », a déclaré lundi matin la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, présidant son premier Conseil 'Affaires étrangères' en format 'Développement'.
« Nous ne pouvons pas totalement combler le vide que les États-Unis laissent derrière eux (EUROPE 13617/5), mais nous nous concentrons sur les priorités qui sont les nôtres. (...) Il s’agira de notre voisinage, de la démocratie, de la liberté des médias, de priorités comme les droits de l’homme et la démocratie », a-t-elle ajouté.
Les ministres chargés du développement ont également fait le point sur les résultats de la réunion ministérielle 'UE-Union africaine' (EUROPE 13645/19), du sommet 'Nutrition pour la croissance' et de l'évolution de la situation en Ukraine.
Voir les conclusions du Conseil de l'UE : https://aeur.eu/f/h20 (Bernard Denuit)