Le Parlement européen a adopté par 425 voix pour, 106 contre et 43 contre, jeudi 8 mai, sa position concernant la prolongation de deux ans - jusqu'au 31 décembre 2027 - du règlement sur le stockage de gaz, en y intégrant des flexibilités (EUROPE 13627/2).
Lors d’un débat qui s’était tenu la veille, le rapporteur, Borys Budka (PPE, polonais), avait rappelé que ce règlement avait été adopté à la suite de l’invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et qu’aujourd’hui, il fallait encore faire face au défi de la sécurité d’approvisionnement énergétique dans l’UE.
Selon lui, le compromis ficelé en commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) « prévoit la plus grande souplesse avec le moins de bureaucratie possible, mais, surtout, veille à ce que les prix du gaz en Europe diminuent ».
Tout comme le Conseil, le Parlement ne prévoit plus de date annuelle fixe pour le remplissage, mais une échéance comprise « à tout moment entre le 1er octobre et le 1er décembre ».
Le Parlement veut également garantir que le taux de remplissage ne passe pas sous la barre des 75% (avec l’introduction de flexibilités), en poussant toutefois pour que ce taux annuel atteigne au moins 83%, a détaillé M. Budka. Le Conseil de l’UE, qui a déjà adopté sa position (EUROPE 13620/5), conserve le taux initial de 90%, mais introduit davantage de flexibilités pour dévier de cette cible, notamment en cas de conditions de marché défavorables.
« Je reconnais que de telles flexibilités peuvent atténuer la situation actuelle du marché, et j'espère qu'un accord pourra être trouvé rapidement », a déclaré le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.
Une première session de négociations interinstitutionnelles (trilogue) aura lieu le 13 mai.
Ce débat ayant eu lieu au lendemain de la présentation par la Commission de sa 'feuille de route' pour un abandon des combustibles fossiles russes (EUROPE 13634/1), plusieurs députés, dont le rapporteur, M. Budka, ont expliqué qu'à l’instar de la Commission, « nous voulons que l’UE soit pleinement indépendante du gaz russe ».
Ainsi, un amendement de la rapportrice fictive Marie Toussaint (Verts/ALE, française), inscrivant la possibilité et la nécessité d'« un embargo total sur le gaz russe », a été adopté en plénière.
Pour voir le texte : https://aeur.eu/f/gpl (Pauline Denys)