Les eurodéputés ont adopté, par 371 voix pour, 162 contre et 37 abstentions, la décision d’aligner la directive 'Habitats' sur la modification de la Convention de Berne du 7 mars (EUROPE 13595/19), permettant de faire passer le statut de protection du loup d’espèce 'strictement protégée' à 'espèce protégée', jeudi 8 mai à Strasbourg.
Les États membres disposeront de plus de flexibilité dans la gestion de leurs populations de loups. Le but affiché étant d’améliorer la coexistence des loups avec l’homme et de réduire leur impact sur les élevages.
Le Parlement a rappelé que la proposition de la Commission « était intervenue à [sa] demande ». Peter Liese (PPE, allemand) avait précisé, mercredi 7 mai, que le PPE « avait lancé le débat en 2020 », avant d'avoir « la majorité en 2022 ». Selon lui, l'Allemagne va « immédiatement appliquer cette législation ».
Selon Esther Herranz García (PPE, espagnole), la révision de la directive 'Habitats' va établir « un équilibre entre la protection des loups et celle des communautés rurales ».
« On ne remet pas en cause la nécessité de protéger le loup », a précisé Pascal Canfin (Renew Europe, français). L'adaptation des règles de gestion a pris en compte, selon lui, « l'évolution positive de la population », qui a doublé en 20 ans pour atteindre près de 20 000 loups en Europe.
Pascal Canfin s'est félicité « que le PPE soit resté avec la majorité centrale et n'ait pas essayé de rouvrir le statut de protection d'autres espèces comme l'ours, par exemple ». La veille, mercredi 7 mai, Peter Liese reconnaissait que des « initiatives similaires » pouvaient être envisagées, « mais pas maintenant ».
Les États membres auront alors 18 mois pour se conformer à la directive. (Florent Servia)